Nicolas Ullens, accusé de l'assassinat de sa belle-mère devant la cour d'assises de Nivelles : ne pas juger une femme morte (notre édito)
Ce jeudi 24 septembre 2026, la cour d'assises du Brabant wallon, à Nivelles, débutera par la lecture de l'acte d'accusation par l'avocate générale puis par l'interrogatoire de l'accusé. Les jurés devront notamment déterminer si le meurtre a été prémédité. Mais derrière les conflits familiaux, une évidence: Myriam Ullens-Lechien est morte. Voici notre édito.

- Publié le 24-09-2026 à 04h00

Il faudra se méfier des mots. Depuis l'éclatement de l'affaire Ullens, où une famille entière s'est brisée, tant du côté de la victime que de l'accusé, les rancœurs de ce vase clos familial sont racontées avec une telle force qu'elles finissent parfois par prendre la place de l'essentiel.
Oui, il faudra entendre les griefs du Lasnois Nicolas Ullens. Ceux qui concernent sa belle-mère, tuée en mars 2023 à Lasne, qu'il accusait de spolier l'héritage familial et à qui il reprochait son éloignement de son père. Son parcours personnel et professionnel, notamment à la Sûreté de l'État, puis les accusations portées contre Didier Reynders et les batailles qui ont suivi seront aussi abordés. Tout cela peut contribuer à comprendre comment un homme en est arrivé à commettre l'innommable. Mais comprendre n'est pas absoudre.
La victime semble devoir encore se défendre, alors que c'est elle qui est morte
N'oublions pas que la baronne Myriam Ullens-Lechien est morte. Abattue de six balles, telle "une exécution", pour reprendre le terme de Me Kennes, l'avocat de sa famille. Certains ont déjà fait le procès de Myriam Lechien. Et c'est peut-être le plus dérangeant dans cette affaire : la victime semble devoir encore se défendre, alors que c'est elle qui est morte.
Sa personnalité sera scrutée, ses relations avec la famille disséquées, ses choix et sa place dans les conflits racontés. Elle sera défendue par les avocats de sa famille, par ses enfants, ses proches, par ceux qui parlent encore pour elle. Mais rien de tout cela ne doit faire perdre de vue une évidence. Rien n'excuse de tuer une femme de six coups de feu. Rien. Ni une colère, ni un conflit familial, ni une question d'argent, ni le sentiment d'avoir subi des injustices. Ces éléments peuvent éclairer un contexte, mais ils ne donnent aucun droit de vie ou de mort.
Une colère devenue incontrôlable ?
Reste désormais la question principale de cette cour d'assises : Nicolas Ullens avait-il prémédité son geste ? Lui le conteste et décrit une colère devenue incontrôlable, un passage à l'acte qu'il affirme ne pas avoir préparé.
La décision appartiendra aux jurés. Eux seuls devront écouter, confronter, peser les faits et les témoignages. Pas l'opinion publique. Pas les récits familiaux. Et certainement pas le procès d'une femme qui ne peut plus se défendre.
