Comment sont choisis les 12 jurés chargés de juger Nicolas Ullens, accusé de l'assassinat de sa belle-mère ? "C'est du vogelpik" (vidéo)
Ce lundi 21 septembre 2026, douze jurés effectifs seront tirés au sort pour le procès de Nicolas Ullens devant la cour d'assises du Brabant wallon, à Nivelles. Qui peut être juré, qui peut être récusé et comment la défense et l'accusation font-elles leur choix ? On vous explique.

- Publié le 21-09-2026 à 04h00
- Mis à jour le 21-09-2026 à 14h16

Ils seront douze à prendre place dans le box réservé au jury. Ce lundi, devant la cour d'assises du Brabant wallon, des citoyens seront tirés au sort pour juger l'accusé de l'assassinat de la baronne Myriam Ullens-Lechien. Mais comment choisit-on ces jurés ? Et surtout, comment certains peuvent-ils être écartés ?
D'abord une sélection à la Commune
Avant d'arriver dans la salle d'audience, les candidats passent par plusieurs tirages au sort. Tous les quatre ans, une sélection est effectuée dans la liste des électeurs, publiquement, à la maison communale. La liste remonte ensuite au niveau provincial avant de parvenir au tribunal de première instance. Une liste générale d'au moins 60 personnes est alors constituée pour les cours d'assises.
Plusieurs conditions doivent être remplies : être de nationalité belge, avoir entre 28 et 65 ans, savoir lire et écrire, jouir de ses droits civils et politiques, être en mesure de suivre les débats dans la langue utilisée par la cour d'assises compétente et ne pas avoir subi certaines condamnations pénales prévues par le Code judiciaire, selon le SPF Justice.
"Par ailleurs, certaines catégories de personnes sont exclues de la fonction de juré, notamment certains mandataires politiques, magistrats, membres de l'ordre judiciaire, militaires en service actif et diverses fonctions publiques énumérées par le Code judiciaire", nous explique Valérie Callebaut, porte-parole du SPF Justice.
"D'accord ou récusé"
Une fois les candidats appelés, vient le temps des récusations. "La défense tire la première", souligne l'avocat pénaliste Me Pierre Chomé. À chaque candidat, la question tombe : "D'accord ou récusé ?" Mais, "lorsqu'on récuse un candidat juré, on ne peut jamais faire valoir ses motifs bien entendu".
Alors, comment choisit-on ? "C'est du vogelpik, tout à fait aléatoire", sourit l'avocat. Mais "les parties peuvent consulter, quelques jours avant, les fiches de l'État civil remplies par les jurés potentiels". "En voyant les fiches, vous voyez le niveau intellectuel ou des choses comme ça", concède le l'avocat.
Certains raisonnements relèvent toutefois davantage de la psychologie. "On a un réflexe dans certains procès que les scientifiques sont trop cartésiens", explique Me Chomé. À l'inverse, "les plus attentifs psychologiquement, ce sont les enseignants", que les procureurs pourraient parfois récuser car ils seraient "plus sensibles à une enfance mal gérée". L'avocat reconnaît lui-même : "C'est de la psychologie de bas étage."
En moyenne, environ six jurés sont récusés. Parfois huit. Et une fois le tirage terminé, douze citoyens deviennent juges effectifs pour deux semaines dans cette affaire. Quelques suppléants sont aussi désignés.
Si un candidat tiré au sort ne souhaite pas faire partie du jury, il peut demander une dispense au président de la cour. Mais la loi ne prévoit pas de liste de causes justificatives.
