Accusations contre Didier Reynders, excuses du baron Guy Ullens à l'ex-ministre : l'affaire qui devrait s'inviter au procès du Lasnois Nicolas Ullens
Accusé de l'assassinat de sa belle-mère, Nicolas Ullens (61 ans) comparaît dès ce jeudi 24 septembre 2026 aux assises, à Nivelles. Son parcours, dont les accusations lancées contre Didier Reynders en 2019, devrait être abordé devant la cour. Son avocat estime que cette affaire, et notamment les excuses présentées par son père à l'ancien ministre, pourraient éclairer les jurés sur l'état d'esprit de l'accusé au moment du drame.

- Publié le 24-09-2026 à 09h00
- Mis à jour le 24-09-2026 à 10h27

Le parcours personnel et professionnel de l'accusé Nicolas Ullens, qui comparaît libre ce jeudi pour l'assassinat présumé de sa belle-mère, la baronne Myriam Ullens-Lechien, 70 ans, à Ohain (Lasne), dans le Brabant wallon, le 29 mars 2023, sera au cœur des débats.
L'affaire Reynders, notamment les accusations de corruption et de blanchiment lancées par l'ancien agent de la Sûreté de l'État en 2019 et les excuses que son père aurait ensuite présentées à l'ancien ministre, devrait également être abordée au procès.
Le Kazakhgate ou les fonds libyens
En 2019, après avoir quitté la Sûreté de l'État, l'ancien "espion" sort de l'ombre et accuse publiquement le politicien Didier Reynders et son proche collaborateur Jean-Claude Fontinoy de corruption et de blanchiment, en s'appuyant notamment sur des dossiers comme le Kazakhgate ou les fonds libyens. Une information judiciaire est alors ouverte, mais le parquet de Bruxelles classe la plainte sans suite en septembre 2019.
Quelques jours plus tard, Nicolas Ullens dépose une plainte pour menaces de mort et harcèlement, visant notamment des personnes qu'il estime avoir cherché à entraver ses investigations.
Des perquisitions à son domicile
En mars 2020, des perquisitions sont menées à la Sûreté de l'État et au Comité R, l'organe indépendant chargé de contrôler les services de renseignement belges, dans le cadre de cette procédure.
Plus tard, son propre domicile est perquisitionné et du matériel informatique est saisi. La Sûreté dépose par ailleurs une plainte contre lui pour violation du secret professionnel.
"La Belgique est une espèce de bulle de corruption"
Parallèlement, Nicolas Ullens investit les réseaux sociaux. Il multiplie les vidéos et les interventions médiatiques, allant jusqu'à se mettre en scène devant le fort de Breendonk pour dénoncer ce qu'il présente comme un système de corruption. Dans une vidéo publiée en 2023, il déclare ainsi que "la Belgique est une espèce de bulle de corruption qui remonte assez fort au nord".
Des excuses du père Ullens… à Reynders
Les accusations, les plaintes, les perquisitions ont-elles fragilisé Nicolas Ullens ? Ont-elles renforcé chez lui le sentiment d'injustice ?
"Je suis convaincu que toute cette histoire n'est, en tout cas, pas étrangère au contexte général dans lequel les faits qui seront jugés ont été commis", a déclaré l'avocat de l'accusé, Me Jean-Philippe Mayence, lors d'un entretien à Paris Match.
"À cet égard, vous devez savoir qu'après la mise en cause de M. Reynders par Nicolas Ullens, son père est personnellement allé rencontrer le ministre pour lui présenter des excuses et le prier de ne pas tenir compte des accusations de son fils, qu'il disait complotiste et même fou !", poursuit le ténor du barreau.
"Vous imaginez ce que ça peut signifier pour quelqu'un qui a engagé sa carrière, son honneur et sa réputation dans ce qu'il estime être un combat pour la vérité, de voir son propre père aller le désavouer auprès de la personne qu'il dénonce… Tout ceci résonne particulièrement depuis l'inculpation de Didier Reynders pour des faits présumés qui sont ceux que dénonçait Nicolas Ullens, et pour lesquels il a depuis été entendu en qualité de témoin par les enquêteurs. Sous réserve, bien sûr, de la présomption d'innocence, cela montre à tout le moins que ce que mon client rapportait ne relevait pas de la folie pure."
"Un homme épris de justice"
Lors du procès de Nicolas Ullens, accusé de l'assassinat de sa belle-mère, il s'agira donc "de comprendre comment un homme épris de justice comme lui a pu commettre un tel acte", toujours selon Me Mayence, dans une déclaration à La Libre.
L'avis d'un psychiatre, appelé à témoigner à la barre de la cour d'assises, sera particulièrement éclairant, a-t-il ajouté.
