Combien gagnent les jurés du procès de Nicolas Ullens, ou de n'importe quel procès aux Assises en Belgique en 2026 ? (vidéo)
Ce lundi 21 septembre 2026 à Nivelles, le jury populaire chargé de juger Nicolas Ullens (61 ans), accusé de l'assassinat de sa belle-mère Myriam "Mimi" Ullens à Lasne, dans le Brabant wallon, le 29 mars 2023, a été officiellement constitué. Mais combien gagnent ces citoyens belges appelés à siéger comme jurés ? Conservent-ils leur salaire ? Quid des indépendants ? Ont-ils droit à une indemnité ? On vous explique.

- Publié le 22-09-2026 à 11h00
- Mis à jour le 22-09-2026 à 11h37

Ils sont douze. Douze jurés effectifs, six femmes et six hommes, ont finalement été choisis pour siéger à la cour d'assises du Brabant wallon, à Nivelles. À partir de ce jeudi 24 septembre 2026, ils seront amenés à juger au fond l'ancien agent de la Sûreté de l'État Nicolas Ullens (61 ans), accusé de l'assassinat de sa belle-mère, la baronne Myriam "Mimi" Ullens. Six jurés suppléants ont également été tirés au sort : cinq femmes et un homme. Au total, un peu plus de 120 citoyens avaient été convoqués.
Sous le coup d'une immense colère
Le drame s'est noué le 29 mars 2023, à Ohain, dans l'entité de Lasne. Ce jour-là, Myriam Ullens a été tuée par balle. Son beau-fils, ancien agent de la Sûreté de l'État, comparaît aujourd'hui libre devant ces citoyens tirés au sort. Nicolas Ullens a notamment expliqué avoir agi sous le coup d'une immense colère et évoqué un "voile rouge" devant ses yeux lorsqu'il a vu le visage de sa belle-mère.
Une préméditation contestée par l'accusé
Pendant le procès, les douze jurés devront écouter les témoignages, les experts, les parties civiles et l'accusé. Ils participeront ensuite au délibéré et devront répondre aux questions qui leur seront soumises sur la culpabilité de l'accusé. Un homme accusé d'assassinat, c'est-à-dire d'un meurtre avec préméditation. Ce qu'il conteste.
Car être juré ne se résume pas à prendre place sur un banc pendant les audiences. Il faut se libérer de ses obligations professionnelles, organiser sa vie quotidienne et familiale, puis rentrer chez soi avec ce que l'on vient d'entendre. Pendant la durée du procès, cette affaire criminelle s'invite aussi dans la vie personnelle de ceux qui doivent la juger.
Cette responsabilité a néanmoins une contrepartie financière. Selon le SPF Justice, l'indemnité journalière de base d'un juré qui siège effectivement s'élève à 58,04 euros en 2026.
À cela s'ajoutent les frais de déplacement. "Pour l'année 2026, l'indemnité kilométrique destinée à couvrir les frais de déplacement est fixée à 0,6929 euro par kilomètre", précise Valérie Callebaut, porte-parole du Service public fédéral (SPF) Justice.
Le salarié conserve son salaire
Cette indemnité ne remplace pas le salaire d'un juré salarié. "Le juré salarié conserve sa rémunération habituelle et perçoit en outre l'indemnité prévue pour l'exercice de sa mission de juré", poursuit la porte-parole du SPF.
Pour les indépendants, la situation est différente. "Les personnes exerçant une activité indépendante ne bénéficient donc pas du maintien d'une rémunération par un employeur pendant leur présence à la cour d'assises. Elles perçoivent toutefois les indemnités prévues pour les jurés et les éventuels remboursements de frais applicables."
Et ceux qui ne sont pas retenus ?
Et ceux qui sont convoqués mais finalement pas retenus ? Ils ne repartent pas les mains vides. "Une personne qui se présente à la séance de constitution du jury mais qui n'est finalement pas retenue reçoit une indemnité dite de "juré non siégé"", précise le SPF. En 2026, celle-ci atteint 14,31 euros, auxquels s'ajoutent les frais de déplacement selon le tarif kilométrique en vigueur.
Qui peut être juré ?
La sélection est organisée tous les quatre ans à partir des listes électorales. Les personnes tirées au sort reçoivent un questionnaire permettant de vérifier qu'elles remplissent les conditions légales.
Il faut notamment être belge, jouir de ses droits civils et politiques, avoir au moins 28 ans et moins de 65 ans, savoir lire et écrire et être capable de suivre les débats dans la langue de la cour d'assises. Certaines condamnations pénales peuvent également exclure une personne de la fonction.
Certains mandataires politiques, magistrats, membres de l'ordre judiciaire, militaires en service actif et personnes exerçant certaines fonctions publiques ne peuvent par ailleurs pas siéger comme jurés.
