Un jury paritaire pour juger Nicolas Ullens, accusé de l'assassinat de sa belle-mère (vidéos)
Ce lundi 21 septembre 2026, le sort a désigné six femmes et six hommes pour plancher, à partir de ce jeudi 24 septembre, sur les circonstances de la mort de Myriam Lechien.
- Publié le 21-09-2026 à 17h14
- Mis à jour le 21-09-2026 à 18h57

Il a fallu un peu plus de deux heures à la cour d'assises du Brabant wallon, lundi après-midi, pour désigner les jurés qui jugeront Nicolas Ullens à partir de ce jeudi. Après le tirage au sort et le jeu des récusations, ce sont six femmes et six hommes qui composeront le jury effectif. Les débats étant prévus pour deux semaines, le président Pierre Delcour a estimé prudent d'ajouter six jurés suppléants. Il s'agit de cinq femmes et d'un homme.
En accueillant les candidats jurés lundi après-midi, le président les a remerciés d'avoir fait le déplacement pour potentiellement remplir ce devoir citoyen d'être juré en cour d'assises. En précisant que souvent, ceux qui arrivent avec des pieds de plomb et sont finalement désignés gardent de bons souvenirs de l'expérience. Certains jurés conservent d'ailleurs des liens amicaux et se revoient régulièrement une fois le procès terminé.
Un des citoyens convoqué s'est levé en s'adressant en néerlandais à la cour

Le président Delcour, avant de procéder au tirage au sort, a aussi énuméré les motifs légaux de dispense. Directement, un des citoyens convoqué s'est levé en s'adressant en néerlandais à la cour, pour expliquer qu'il ne parlait pas français. Ce qui est effectivement une cause légale de dispense. L'homme répondant en néerlandais aux questions posées en français par le président Delcour, celui-ci ne s'est pas montré tout à fait dupe, alors que certains avocats souriaient de la situation.
"Moi aussi, cela me fait sourire que monsieur comprenne parfaitement ce que je dis, a lâché le magistrat. Mais je ne souris pas tout de suite, j'attends que les autres le fassent avant moi…"
Auparavant, le président avait indiqué aux jurés qu'une lettre de leur employeur attestant qu'ils sont indispensables sur leur lieu de travail n'est pas un motif valable de dispense. Mais qu'ils doivent en revanche garder précieusement ce type de documents… quand il sera question d'une augmentation de salaire !
Une comédienne, une couturière et un pompier dispensés
Il a cependant des exceptions à toute règle et lorsque les candidats jurés ont formulé oralement des demandes de dispense pour motif professionnel, certaines ont été accordées. Par exemple à une comédienne qui devait participer à un festival en Afrique durant le procès, à une couturière qui est la seule dans sa structure à savoir coudre des orthèses pour les personnes à mobilité réduite, ou encore à un pompier professionnel exerçant dans une caserne en sous-effectif à Bruxelles.
Plusieurs citoyens ayant fait état de lien d'amitié avec des membres de la famille Ullens ou même avec d'anciens collègues de l'accusé, ont également obtenu une dispense.
Autre petit moment drôle de cette désignation des jurés, un citoyen a rappelé à la cour qu'il avait envoyé une lettre pour demander une dispense, en faisant valoir une raison médicale justifiant déjà actuellement qu'il travaille à mi-temps.
"Méfiez-vous de ChatGPT, parce que les références que vous citiez dans votre courrier, c'est du droit français, pas du droit belge", a souri le président. Qui a finalement accordé la dispense sollicitée.
Une fois les jurés désignés, le président leur a expliqué leur tâche à venir en évoquant notamment l'impartialité, et la manière dont ils devront poser des questions aux témoins sans jamais trahir leur opinion, donc en évitant les circonvolutions. "Je ne sais pas si vous aimez le foot, mais appliquez la devise de l'Olympique de Marseille: droit au but !", a conseillé le président.
Qui a confirmé en fin d'audience qu'après la lecture de l'acte d'accusation jeudi, au premier jour du procès, il procédera à l'interrogatoire de l'accusé. Les enquêteurs ainsi que les parties civiles témoigneront vendredi.
