Procès de Nicolas Ullens : "Un acte crapuleux et prémédité" disent les avocats de la sœur de Myriam Lechien
Les avocats de la sœur de Myriam Lechien ont plaidé ce lundi devant la cour d'assises. Pour eux, à l'inverse de l'accusé, les faits ne mentent pas.
- Publié le 05-10-2026 à 10h54
En entamant sa plaidoirie lundi matin, devant la cour d'assises du Brabant wallon qui poursuit le procès de Nicolas Ullens, Me Marko Obradovic a demandé aux jurés de ne pas oublier la sauvagerie des faits commis le 29 mars 2023. Avocat de la soeur de Myriam Lechien, il a rappelé les fragments de crâne retrouvé par le labo de la PJF dans l'habitacle de la Golf du couple Ullens-Lechien, le sang sortant des plaies par balle, le corps affaissé de la victime…
Et de constater que Nicolas Ullens, qui se décrit comme assoiffé de justice, a tué par surprise une femme de 70 ans, qui était au moment du crime en compagnie du père de l'accusé, âgé de 88 ans et qui n'avait pas d'arme.
"Cela n'a rien à voir avec de la justice, c'est de la lâcheté !", a lancé le conseil.
Pour lui, le discours répété en boucle par le clan Ullens, qui se dit victime d'un rejet orchestré par Myriam Lechien, ne tient pas. La réalité, c'est l'inverse : la famille Ullens n'a jamais accepté la nouvelle femme de Guy Ullens, regardée comme une parvenue qui n'était là que pour l'argent. Même après 30 ans de mariage et d'amour que tous les proches décrivaient comme fusionnel et sincère.
"Le raisonnement du clan Ullens tourne en rond, a plaidé lundi matin Me Marko Obradovic. Si son père se remarie, pour Nicolas Ullens, c'est forcément parce qu'il y a emprise de la part de Myriam Lechien. La seule hypothèse qu'ils n'envisageront jamais, c'est que Guy Ullens fait ses propres choix."
Pour l'avocat, Nicolas Ullens se pose à présent en libérateur de son père sous emprise alors que ce qu'il n'acceptait pas, c'est seulement la liberté de Guy Ullens, dont celle de disposer de son argent comme il l'entendait. Et que ce sont ses revendications financières, ses menaces et même ses poursuites judiciaires qui ont creusé le fossé entre lui et son père.
"Pas seulement la belle-mère qu'on déteste…"
Tuer pour de l'argent n'étant pas très sympathique, il aurait compris qu'il vaut mieux désormais se présenter comme un fils qui souffrait. Au point même d'avoir agi, le 29 mars 2023, dans une sorte de dissociation…
"Les faits, eux, ne mentent pas : l'accusé a agi avec méthode, réflexion, et tout cela était prémédité, a conclu l'avocat. Deux séquences de tirs, entre lesquelles il se repositionne pour ne pas toucher son père : ce ne sont pas les gestes de quelqu'un qui a perdu le contact avec lui-même, ni avec la réalité. C'est un acte crapuleux et prémédité !"
Me Justice Wayntraub, qui défend elle aussi les intérêts de la sœur de Myriam Lechien, a pris le relais en expliquant que Myriam Lechien n'était pas simplement devenue la belle-mère qu'on déteste, mais celle à qui on attribuait systématiquement toutes les fautes. À cause de la différence de classe sociale, de la différence d'âge, d'un amour sincère mais non accepté par la famille Ullens.
"Si avoir une maîtresse dans l'ombre était tolérable dans leur milieu, une séparation provoque une véritable déflagration, a plaidé Me Wayntraub. Divorcer dans ce milieu, ce n'était pas concevable. Mais épouser une nouvelle femme, lui conférer des droits et notamment des droits sur l'héritage, là, c'est tout simplement inacceptable. Et Guy Ullens, lui, avait choisi une simple pâtissière, une roturière…"
