L'appel gazé du 9 octobre
Plus de 50 000 personnes – un peu moins selon la police, un peu plus selon les organisateurs syndicaux de la FGTB et de la CSC – ont donc battu le pavé bruxellois ce vendredi, avec l'objectif d'envoyer, après la trêve estivale, un nouvel avertissement sévère au gouvernement de Bart De Wever, en quête d'une dizaine de milliards afin de boucler son budget.
- Publié le 10-10-2026 à 06h00
- Mis à jour le 10-10-2026 à 08h39

Ce nombre de manifestants, s'il ne constitue pas un record en soi, doit cependant continuer d'interpeller le monde politique. Ces milliers de personnes, qu'elles soient "rouge", "verte" ou arborant une autre couleur en dehors de toutes considérations politiques, ont bravé non seulement la pluie et le mauvais temps ce vendredi. Mais aussi et surtout les gaz lacrymogènes, lancés parfois plus que de raison par des forces de l'ordre ne faisant pas toujours la différence entre les casseurs et les simples manifestants, jeunes et moins jeunes, venus exprimer leur colère. Nombre de ces derniers ont d'ailleurs eu toutes les peines du monde de rejoindre le cortège ou de s'en extirper sans être gazés, peu ou prou, que ce soit à proximité de la gare Centrale ou de la gare du Midi, lieu de départ et d'arrivée d'une manifestation aussi calibrée qu'une voie ferrée. Ce qui ne fera qu'attiser un peu plus leur colère pour les prochaines échéances, alors que les services publics et les mouvements étudiants ont prévu de remettre cela dès ce lundi, tandis qu'on se dirige tout droit vers une grève générale en novembre.
Si les actes de vandalisme et de pillage sont bien sûr intolérables et doivent être dénoncés et punis, ceux-ci risquent de rejeter au second plan le message envoyé par les manifestants, notamment en matière de pouvoir d'achat, de conditions de travail ou d'études. Un message qui appelle une réponse concrète de la part du gouvernement fédéral, alors que le dialogue social est au point mort. Une réponse concrète qui ne doit pas se cantonner aux lancements de lacrymos ou d'arrestations administratives arbitraires. Du moins dans ce qui nous reste de démocratie, que ce soit dans la capitale, au nord ou au sud de notre cher Royaume.
