Il y a déjà 30 ans, la colère silencieuse
Hasard du calendrier, cela fera trente ans ce mardi que 300 000 Belges ont participé à la "Marche Blanche", en soutien aux parents des victimes de l'affaire Dutroux. Un mouvement spontané à l'époque, en forme de catharsis, qui a permis aux citoyens belges de se regrouper autour d'une même idée : celle de faire bouger les choses, en matière de justice et de protection de l'enfance notamment. Trente ans plus tard, que reste-t-il de cette colère qui s'est exprimée, de manière très respectueuse, dans les rues de Bruxelles ?
- Publié le 19-10-2026 à 06h00
- Mis à jour le 19-10-2026 à 07h28

C'est notamment à cette question que L'Avenir essaie de répondre dans le cadre du dossier consacré à l'anniversaire d'un événement qui a marqué plusieurs générations.
Trente ans plus tard, cette colère sourde, ou du moins silencieuse, s'est en tout cas transformée, si on considère les manifestations, de plus en plus violentes, organisées ces derniers jours dans différents pays européens, à commencer par la France et la Belgique.
Certes, il est difficile de faire une comparaison entre cette Marche Blanche historique et les manifestations actuelles des jeunes et de moins jeunes, dont les revendications ("Assurer un avenir meilleur") sont torpillées par quelques centaines de casseurs extérieurs au mouvement. Les revendications actuelles,tout aussi légitimes qu'elles soient, ne seront de toute façon pas entendues par nos gouvernants aussi longtemps qu'elles seront récupérées par l'opposition politique ou par les syndicats. Mais elles pourraient le devenir, si le mouvement s'installe dans la durée de manière apolitique - on est loin du compte, ce que n'avaient pas réussi à faire notamment les "Gilets jaunes" il y a quelques années.
En attendant, comme le relève le psychologue Olivier Klein dans nos colonnes, "S'il y a eu autant d'autres marches blanches depuis 1996, à l'occasion de faits divers souvent dramatiques impliquant généralement des enfants ou des adolescents, c'est aussi parce qu'on a assisté à une détérioration assez marquée de la confiance politique, et dans les institutions".
À cet égard, c'est sans doute ce qui a changé le plus en trente ans : en 1996, lescitoyens voulaient une amélioration du monde politique et des institutions ; en 2026, nombre d'entre eux les rejettent totalement.
