Une histoire d'amour improbable devant le tribunal correctionnel: cet habitant de Beauvechain n'a plus que ses yeux pour pleurer ses 841 000€
Un homme, marié, de 62 ans était tombé amoureux d'une femme de 32… Leur relation dura 7 ans. Il n'y a ni escroquerie, ni abus de faiblesse, a estimé le tribunal.
- Publié le 29-05-2025 à 17h26
- Mis à jour le 30-05-2025 à 09h06

Le Beauvechinois Marcel (prénom d'emprunt) avait fait connaissance de Doumia sur un site de rencontre. Leur relation durera 7 ans, et fut émaillée de séjours dans de beaux hôtels, de restaurants, de cadeaux…
Aujourd'hui, Marcel n'a plus que ses yeux pour pleurer. Il a perdu toutes ses économies. En fin de relation, il est même allé jusqu'à utiliser le compte bancaire de sa femme pour allonger les derniers billets réclamés par Doumia B. À son estime, cette femme de nationalité libanaise avait usé de ses charmes pour le manipuler. Il avait succombé dès juin 2015, sans que sa femme n'ait apparemment nourri le moindre soupçon. Marcel travaillait à Bruxelles où, au début de la relation, les amants se rencontraient tous les jours. Les rendez-vous s'espacèrent lorsqu'il prit sa retraite. Il l'a comblée de cadeaux jusqu'à lui offrir trois voitures. Doumia B. se maria en 2017, mais cela n'eut pas pour conséquence la fermeture du robinet à fric. Des 841 000 € réclamés par la partie civile à l'audience du 14 mai dernier, la prévenue ne reconnaît n'avoir bénéficié que de 200 000 à 300 000€.
Voilà pour la prévention d'escroquerie que le tribunal n'a pas retenue. Le jugement souligne que la prévenue a certes joué sur les sentiments de son protecteur, sans pour autant avoir commis un abus de faiblesse comme l'avait suggéré le parquet, qui avait réclamé une peine de 15 mois de prison. La crainte d'une séparation ne peut pas être assimilée à ce que la loi définit comme un "mal imminent" qui serait synonyme de condamnation. Bref, c'est l'acquittement pour cette prévention d'escroquerie. Corollaire à cela: la demande de remboursement des 841 000 € tombe à l'eau.
Il n'en va pas de même pour la prévention de harcèlement qui dura du 12 au 18 juillet 2022. Quelques exemples des menaces écrites ? "J'ai besoin de 25 000 euros. Débrouille-toi, sinon je me fâche" ou "Tu as une heure pour me répondre, sinon tu sais de quoi je parle, tu verras". La prévenue est condamnée à effectuer une peine de travail de 80 heures et à verser 1 000 € à titre de dommage moral. Le jugement dit que ces messages ont porté une atteinte grave à la sérénité du Beauvechinois qui redoutait que sa femme et leurs filles apprennent la relation.
