Pourquoi est-ce que je ne trouve pas les conservateurs sur un emballage d'aliment en Belgique? N'est-ce pas obligatoire de les renseigner?
Pourquoi n'obtient-on pas le même résultat quand on regarde la composition d'un aliment sur l'emballage et sur Yuka ? Est-ce que les emballages peuvent nous cacher de précieuses information? L'Afsca décode la question des additifs sur l'étiquette.

- Publié le 06-09-2026 à 15h55
- Mis à jour le 06-09-2026 à 19h06

Question d'Arnaud : "J'ai regardé les ingrédients sur mon paquet de chips, et je n'ai pas trouvé de conservateurs débutant par la lettre E. Puis, via l'application, Yuka, j'ai vu qu'il en contenait. N'est-il pas obligatoire d'indiquer leur présence?
Selon l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), il y a plusieurs types d'additifs dans nos aliments : "Il peut s'agir par exemple d'un conservateur, d'un colorant, d'un correcteur d'acidité ou d'un antioxydant", explique Kathy Brison.
Tous les aliments ne contiennent pas forcément des conservateurs. "Selon les caractéristiques du produit, la conservation peut également être assurée par d'autres techniques de fabrication ou de conditionnement. L'absence de conservateurs sur l'étiquette ne signifie donc pas nécessairement qu'il y a une anomalie."
La cuisson sous vide ou le conditionnement sous atmosphère protectrice peuvent éviter des conservateurs.
Mais Mme Brison est formelle : "Lorsqu'une denrée alimentaire contient des additifs, qu'il s'agisse de conservateurs, de colorants, d'antioxydants ou d'autres catégories d'additifs autorisées, ceux-ci doivent être mentionnés dans la liste des ingrédients conformément à la réglementation européenne relative à l'information des consommateurs."
L'extrait de romarin, c'est la même chose que le code E392
La réglementation prévoit différentes manières de mentionner un additif sur un emballage. Le terme "additif" n'est pas obligatoire, selon l'Afsca. "En revanche, la catégorie fonctionnelle (la fonction de l'additif) doit être indiquée. Il peut s'agir par exemple d'un conservateur, d'un colorant, d'un correcteur d'acidité ou d'un antioxydant. L'additif doit ensuite être identifié soit par son code E, soit par son nom en toutes lettres."
Kathy Brison reprend l'exemple des chips : "On y retrouve fréquemment des antioxydants dont le rôle est de limiter l'oxydation des matières grasses et d'éviter leur rancissement. Ces substances doivent être mentionnées dans la liste des ingrédients."
Le fabricant peut choisir d'indiquer leur codeE ou leur nom complet. "Ainsi, un antioxydant pourra être déclaré sous la forme 'antioxydant : E392' ou 'antioxydant : extraits de romarin'."
Dans les deux cas, l'information est selon elle considérée comme présente et l'additif est correctement identifié pour le consommateur. C'est ce qui explique le décalage avec Yuka : l'application traduit systématiquement le nom de l'ingrédient en son code E correspondant, ce qui peut donner l'impression trompeuse d'un ingrédient "caché" par le fabricant.
Supermarchés et usines : comment l'Afsca contrôle-t-elle nos aliments ?
Les contrôles de l'Afsca dans les entreprises alimentaires visent notamment à vérifier que les additifs utilisés sont autorisés, qu'ils sont employés conformément aux conditions prévues par la réglementation dans des catégories de denrées pour lesquelles ils sont autorisés. "Ces vérifications sont réalisées notamment sur la base des recettes et des ingrédients utilisés par l'entreprise", précise Mme Brison.
"Dans le secteur de la distribution (commerces, supermarchés, etc.), nous contrôlons également l'étiquetage de certaines denrées alimentaires. Les additifs font partie des éléments vérifiés. Toutefois, dans ce contexte, nous ne disposons pas des recettes de fabrication permettant de comparer directement la composition réelle du produit à son étiquetage", reconnaît-elle.
