Cour d'assises du Brabant wallon | Luciana Mbote condamnée à cinq ans avec sursis partiel pour le meurtre de son compagnon
Coupable de meurtre, Luciana Mbote est condamnée à cinq ans d'emprisonnement avec un sursis probatoire pour la partie de cette peine qui excède quatre ans.
- Publié le 17-04-2026 à 19h17
- Mis à jour le 17-04-2026 à 19h20

La cour d'assises du Brabant wallon a suivi au moins en partie les arguments des avocats de la défense, vendredi en fin d'après-midi, en rendant, après plus de cinq heures de délibérations, un arrêt sur la peine à infliger à Luciana Mbote. Jeudi soir, cette habitante de Zaventem née en 1989 avait été déclarée coupable du meurtre de son compagnon, Fabrice Kayembé, 39 ans, la nuit du 3 au 4 juin 2021 dans leur appartement de la rue de Livourne, à Ixelles.
Vendredi en fin d'après-midi, elle a été condamnée à cinq ans de prison assortis d'un sursis probatoire pour la partie de cette peine excédant quatre ans. Quatre ans d'emprisonnement ferme, donc, et des conditions à respecter durant cinq ans pour le solde de la peine.
Les faits s'étaient produits lors d'une énième dispute dans ce couple où chacun était déjà connu pour des violences envers des partenaires antérieurs, ainsi que des coups réciproques. À l'arrivée des secours, la nuit du drame, il n'y avait plus rien à faire pour Fabrice Kayembé Makolo: un unique coup de couteau porté au cou lui avait tranché la veine jugulaire et l'artère carotide gauches.
Luciana Mbote, poursuivie pour meurtre devant les assises, invoquait plutôt un accident. C'était aussi son explication durant l'enquête et lors d'un premier procès, qui s'était déroulé en avril 2023 devant la cour d'assises de Bruxelles-Capitale. Les jurés ne l'avaient pas crue, et elle avait été condamnée à 12 ans de réclusion. Quelques mois plus tard, la cour de cassation avait annulé ces arrêts pour une contradiction dans la motivation, renvoyant le dossier devant la cour d'assises du Brabant wallon.
Jeudi, l'accusée a été à nouveau déclarée coupable de meurtre par les jurés brabançons wallons. Et vendredi matin, l'avocate générale Aurélie Baurain avait demandé à la cour de ne pas descendre sous les 12 ans de réclusion infligés à Bruxelles.
Les avocats de Luciana Mbote, eux, avaient plaidé une peine permettant un sursis, c'est-à-dire ne dépassant pas les cinq ans."Un verdict de culpabilité ne doit pas être forcément suivi d'un verdict de souffrance: de la souffrance, il y en a eu assez dans ce dossier", avait plaidé Me Eliott Vanoeteren, un des avocats de l'accusée.
C'est donc ce raisonnement que la cour d'assises a suivi, tenant également compte du dépassement du délai raisonnable. En effet, plus de deux ans se sont écoulés entre l'arrêt de cassation et l'organisation de la cour d'assises en Brabant wallon. Pour des raisons bien connues des familiers de la justice nivelloise: l'indisponibilité de la salle de la cour d'assises, et le manque de personnel judiciaire…
Des circonstances atténuantes
Plusieurs circonstances atténuantes ont aussi été retenues en faveur de l'accusée, dont les violences graves subies de la part de Fabrice Kayembé Makolo. Pour fixer la peine à cinq ans, la cour a également tenu compte de l'extrême gravité des faits, de "l'absence d'une amorce de prise de responsabilité", mais aussi de l'isolement social de Luciana Mbote et du climat de soumission dans lequel elle évoluait à l'époque.
Le sursis de cinq ans accordé pour la dernière année de prison est probatoire: les conditions prévues par la cour obligent l'accusée à entreprendre un suivi psychologique et un suivi médical pour sa consommation d'alcool, et à suivre une formation à la gestion de la violence.
"Nous avons fixé des conditions, nous espérons que vous les respecterez: c'est une main tendue, une peine porteuse d'espoir. Votre avenir est entre vos mains", a indiqué le président Michel De Grève à l'accusée une fois l'arrêt prononcé.

