Une "proclafiction" absurde au collège Saint-Étienne pour dénoncer le "déni de démocratie dont fait preuve la Fédération Wallonie-Bruxelles"
Les enseignants et les élèves du collège Saint-Étienne ont organisé une proclamation absurde des élèves des classes de rhéto pour dénoncer le "déni de démocratie dont fait preuve la Fédération Wallonie-Bruxelles".
- Publié le 30-05-2026 à 07h54
- Mis à jour le 30-05-2026 à 08h17

Une "proclafiction" était organisée ce vendredi midi au collège Saint-Étienne de Court-Saint-Étienne.
"L'initiative revient à l'ensemble des membres du personnel. Le but est d'éveiller les élèves à un bel exercice de citoyenneté puisque ce que nous contestons, à travers cette cérémonie absurde, c'est le déni de démocratie dont fait preuve la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le 21 mai dernier, la circulaire organisant et balisant la rentrée 2026-2027 a été diffusée auprès des directions d'écoles avant que ces mesures ne soient votées. S'il y a une colère sociale et du secteur, c'est pour dénoncer une partie de ces réformes que l'on juge comme une atteinte à la cohésion sociale et au vivre ensemble", explique Alain Billiet, professeur de latin et de français aux degrés supérieur et inférieur.
"Il n'y a pas d'instrumentalisation politique dans notre démarche. L'école est un lieu ou l'on doit défendre le processus démocratique. Dans les écoles, il y a un organigramme, des délégués de classe, un dialogue. Nous dénonçons l'absence de dialogue entre le secteur et le politique. Puisque les politiciens font les foufous et partent dans les délires, nous faisons de même et nous avons décidé d'organiser cette "proclafiction" pour nos élèves de classes de rhéto, poursuit Alain Billet, impacté directement par les mesures. J'enseigne aux degrés inférieur et supérieur. Mon temps plein est de 21 h par semaine. Je preste actuellement 22 h, j'ai pour cela une majoration de salaire qui me sera retirée en septembre, lorsque la norme passera à 22 h pour un temps plein. Je vais perdre 150 € par mois. Mon épouse est dans le même cas, cela représentera 300 € de moins pour notre couple."
Les rhétoriciens ont été accueillis en musique et sous les applaudissements de l'ensemble des élèves du collège, réunis dans la cour, devant les gradins sur lesquels les plus grands ont pris place une fois leur tour d'honneur terminé.
Lancer de ballons et d'avions en papier
"Nous avons remis les diplômes de manière farfelue lors de cette "proclafiction". L'idée est de jouer la carte de l'absurdité", enchaîne Alice Deru, professeure de français, qui a joué le rôle de la directrice lors de cette remise des prix fictive.
Avec Alain Billiet, ils ont dénoncé de manière humoristique les mesures prises à la Fédération Wallonie-Bruxelles en annonçant qu'à l'avenir, les cours de latin, de français et d'autres seraient tous remplacés par des activités plus ludiques, qu'il n'y aurait plus d'évaluations, que tous ces cours inutiles n'auraient plus leur place au collège.
La fausse proclamation s'est déroulée de manière loufoque et absurde, les élèves devant récupérer leurs diplômes lors d'un lancer d'avions en papier, lors d'un lâcher de ballons, dans la poubelle ou alors en décrochant la languette avec leur nom sur un diplôme commun à l'ensemble d'une classe.
Les délégués des classes de rhéto ont aussi pris la parole pour dénoncer les mesures touchants les enseignants: "En s'attaquant aux enseignants, on s'attaque à la qualité de l'enseignement et donc à notre avenir", ont-ils indiqué.
Cette "proclafiction" s'est terminée par un flash-mob géant qui a réuni élèves et enseignants. Elle n'annule toutefois pas la proclamation officielle des résultats, programmée le 20 juin.
