Jodoigne : une exposition "à la façon des frères Van Eyck" écourtée au GOB
"Peinture à l'huile à la façon des frères Van Eyck": l'exposition du centre culturel, au GOB, devra fermer ses portes plus tôt que prévu. Explications.
- Publié le 07-07-2026 à 07h02

Tant de travail, tant de talent, et finalement une exposition de quelques jours seulement, il y a de quoi avoir les larmes aux yeux. C'était le cas, vendredi dernier, de Mira Primault, qui a coordonné durant deux ans l'atelier du centre culturel "Peindre à la façon des frères Van Eyck".
Cet atelier, pour lequel elle avait fait appel à Hélène Feye, qui dirige des stages annuels de peinture à l'huile à Libramont, a débouché sur une remarquable exposition de 35 tableaux réalisés par les élèves adultes des ateliers. "Mais voilà, regrette Mira, il faudra tout démonter le 11 juillet suite à l'accident de la circulation de l'employé du GOB, qui le rend indisponible."
Conséquence: le centre culturel fera appel à des étudiants jusqu'au 11 juillet afin que le public ait accès à l'hôtel des Libertés, et plus précisément au rez-de-chaussée du GOB, où les 35 tableaux sont exposés.
Mira Primault garde toutefois l'espoir que l'exposition se poursuive au mois de septembre. Un espoir qui n'est pas vain: la qualité ne se perd jamais. Et quand on fait face aux quatre tableaux de Dina Popena, 55 ans, on se rend mieux compte du niveau de qualité et du travail qu'ils ont demandés.
"Pour préparer l'atelier, je m'étais rendue au Mauritshuis de La Haye et j'avais photographié des œuvres qui me parlaient, raconte Dina. C'était notamment le cas Nature morte aux fleurs avec une montrede Willem van Aelst (1627-1683) et de Nature morte aux fleurs, de Jan van Huysum (1662-1749)."
Le secret retrouvé des frères Van Eyck
Dina expose également, sur base de la méthode Feye, un portrait de sa fille et une vue nocturne de Bruges. Mais en quoi consiste précisément cette méthode ?
Hélène Feye répond: "Vers la fin du XVe siècle, les frères Hubert et Jan Van Eyck ont créé un procédé pictural révolutionnaire qui va se répandre partout en Europe. Jusque-là, on peignait à la tempera, c'est-à-dire à l'œuf. L'huile, qui aurait permis des fondus, c'est-à-dire des nuances subtiles de tons, et une translucidité (et donc une profondeur), présentait trop d'inconvénients à cause de son séchage lent par oxydation. Les frères Van Eyck, qui étaient avant tout des scientifiques et possédaient un laboratoire, ont eu l'idée géniale de dissoudre de la résine naturelle grâce à de l'huile essentielle. Leur "recette" à l'huile résinée permet de bénéficier des avantages de l'huile sans en subir les inconvénients, l'huile étant protégée par la résine. Pour différentes raisons, ce savoir-faire s'est perdu après le XVIIe siècle. Heureusement, en marge des institutions, certains peintres tels Louis Anquetin, Louis Cattiaux et Jean-Pierre Poidevin sont partis à la recherche du métier perdu et ont revivifié le procédé du siècle d'or. Comme j'ai bénéficié de l'enseignement de Jean-Pierre Poidevin, je le transmets à mon tour."
"Peinture à l'huile à la façon des frères Van Eyck", du mardi 7 juillet au samedi 11 juillet, du mardi au jeudi, de 9 h à 17 h ; du vendredi au samedi, de 10 h à 18 h, au GOB, hôtel des Libertés, Grand-Place de Jodoigne.
