Assassinat de la baronne Ullens: refus d'un devoir complémentaire sollicité par l'avocat de son beau-fils
Nouveau retard dans le traitement du dossier de Nicolas Ullens, l'assassin présumé de sa belle-mère Myriam Lechien, en route vers la cour d'assises.
- Publié le 31-10-2024 à 05h55
- Mis à jour le 31-10-2024 à 10h21

L'instruction est terminée. Il était prévu que la chambre du conseil de Nivelles décide, le 14 octobre 2024, de transmettre le dossier à la cour d'appel, plus précisément à la chambre des mises en accusation. Cette chambre est le seul organe habilité à renvoyer devant une cour d'assises l'auteur ou les auteurs d'un meurtre et, plus grave, d'assassinat (préméditation), comme c'est le cas dans ce présent dossier.
Et là, surprise, le dossier n'est pas arrivé devant la chambre du conseil. En cause, le fait que Jean-Philippe Mayence, l'avocat de Nicolas Ullens avait, quelques jours auparavant, demandé à la juge d'instruction Stéphanie Colautti d'ordonner un devoir complémentaire, en l'occurrence entendre deux témoins de moralité dont son client demande l'audition depuis plus d'un an.
Le dépôt d'un devoir complémentaire implique une prise de position du magistrat instructeur. Il entraîne ipso facto un retard dans la transmission du dossier à la chambre du conseil, le temps d'entendre les témoins ou le refus de l'audition, auquel cas le demandeur a le droit de se pourvoir en appel. C'est de cette seconde branche de l'alternative qu'il s'agit. La juge d'instruction a en effet décidé de ne pas faire droit à la demande.
Il nous revient que l'avocat carolorégien se trouve à l'étranger et donc dans l'impossibilité de plaider le dossier. Nous ignorons quand la chambre des mises en accusation l'examinera, mais ce qui est certain, c'est que ce report retardera de quelques mois l'arrêt de renvoi en assises qu'elle rendra inévitablement.
Du pain sur la planche pour s'imprégner du dossier
Vient se greffer là-dessus un second élément susceptible d'aggraver la situation. On parle de la nomination de la substitute du procureur du roi de Nivelles Stéphanie Bonté comme juge au tribunal de première instance de Namur (lire par ailleurs). C'est elle qui est en charge de ce dossier depuis le début, en ce compris la reconstitution des faits à laquelle elle a participé.
Son remplaçant ou sa remplaçante n'est pas encore désigné. Il/elle aura du pain sur la planche pour s'imprégner d'un dossier ouvert le 29 mars 2023 vers 10 h 50, après que Myriam Lechien, seconde épouse de Guy Ullens, a été tuée de cinq balles tirées à bout portant par le pistolet Glock 26 semi-automatique de Nicolas Ullens. Elle quittait la propriété du chemin du Bon Air au volant de la voiture du couple. Son mari occupait le siège passager. La mort sera instantanée. Nicolas venait d'avoir une conversation avec eux au sujet du mariage de sa fille. Il ne semble pas qu'elle se soit clôturée selon les espérances du demandeur, qui resta en embuscade à l'extérieur du domaine. Le procès d'assises dira ce qu'il en est, car on en reste aux supputations puisque le parquet de Nivelles et les avocats concernés s'en sont tenus à des déclarations lapidaires.
Dernier élément à verser à cette affaire. La question centrale est de savoir quand se tiendra ce procès. Une autre session d'assises pour assassinat avait été annoncée pour ce mois de novembre. Elle a été annulée faute de greffier, une maladie endémique à Nivelles…
