Nicolas Ullens reconnu coupable de l'assassinat de Myriam Lechien
Les jurés estiment que les arguments de l'accusé ne sont pas vraisemblables et ont retenu la préméditation : Nicolas Ullens de Schooten a été reconnu coupable mardi de l'assassinat de Myriam Lechien. La défense pointe un souci de procédure.
- Publié le 06-10-2026 à 19h22
L'arrêt sur la culpabilité est tombé vers 17 h 45, ce mardi à la cour d'assises du Brabant wallon. Et les jurés ont répondu "oui" aux quatre questions qui leur étaient soumises. Oui sur le meurtre, donc, ce qui était attendu, et oui également sur la préméditation. Nicolas Ullens est donc reconnu coupable d'assassinat.
Le président Pierre Delcour, sur la première question qui concernait le meurtre, a notamment évoqué, pour établir l'intention homicide, les déclarations précises de l'accusé, et le nombre de coups de feu tirés à faible distance. Les zones visées également, puisqu'on sait que Myriam Lechien a été touchée à la tête et au thorax par les six balles tirées par Nicolas Ullens, le 29 mars 2026.
Il n'avait pas vraiment de suspense puisque la défense elle-même, lors des plaidoiries lundi, avait demandé aux jurés de répondre oui sur cette question principale.
L'enjeu portait plutôt sur la préméditation, c'est-à-dire la réponse à la deuxième question. La motivation de l'arrêt évoque la marche arrière faite par l'accusé à la sortie de la propriété de son père et de Myriam Lechien, avec la volonté de positionner son véhicule de manière à avoir une vue sur la sortie. Nicolas Ullens a provoqué une collision avec la voiture de la victime, puis est sorti avec son arme préalablement chargée.
"Il est totalement invraisemblable que son intention était d'avoir une discussion avec son père", estiment les jurés.
Le débordement émotionnel écarté
La décision écarte aussi le débordement émotionnel évoqué par la défense et souligne plutôt la détermination dont l'accusé a fait preuve pour, en deux minutes, provoquer la collision, sortir de sa voiture, tirer à six reprises et avoir un échange verbal avec son père.
Selon les jurés, c'est sans vraisemblance que l'accusé affirme qu'il n'était pas, à ce moment-là, dans un état mental stable. "Au contraire, tout converge pour établir qu'il est demeuré, tout au long des faits, dans une disposition stable", précise l'arrêt. Qui indique encore que Nicolas Ullens a agi "de manière réfléchie et planifiée".
Sept voix contre cinq
Le président a précisé que cette position a été adoptée au sein du jury par sept voix contre cinq, et la cour s'est ralliée à cette décision. Quand sept jurés votent "oui" et cinq votent "non", c'est en effet le seul cas de figure où le résultat est indiqué dans l'arrêt, et les juges professionnels prennent position.
Mais en entendant cela, alors que la famille de Nicolas Ullens était décomposée dans la salle, Me Jean-Philippe Mayence affichait une moue sceptique. Quelques minutes plus tard, l'avocat de la défense s'est étonné auprès de ses confrères que les juges se soit positionnés sur une question accessoire. D'après lui, ils ne pouvaient le faire que sur la question principale…
"C'est bizarre, mais ce n'était pas très clair, estimait de son côté Me Gilles Verbeck, un des conseils des parties civiles. C'est un renseignement que nous n'aurions pas dû connaître."
Me Mayence, lui, y voit un gros souci : "La cour a donné un avis sur une question pour laquelle elle n'avait pas à le faire. Cela me paraît poser un vrai problème. Cassation, récusation, on va réfléchir et discuter avec notre client sur la réaction à adopter…"
