Série d'été: À l'ombre de la Butte du Lion de Waterloo, les morts ne sont jamais loin
Tous les mardis de ces grandes vacances, nous vous emmenons à la découverte du patrimoine qui se trouve à l'ombre d'un monument ou site exceptionnel en Brabant wallon. Pour le dernier épisode de cette série, partons à la découverte des monuments rendant hommage aux soldats tombés sur le champ de la bataille de Waterloo.

- Publié le 18-08-2026 à 06h01

Depuis 1826, la Butte du Lion, haute de 41 mètres, statue comprise, et d'une circonférence de 520 mètres, domine la morne plaine à Braine-l'Alleud. Elle fut érigée à la demande du roi Guillaume Ier des Pays-Bas à l'endroit présumé où son fils, le prince Frédéric d'Orange-Nassau, fut blessé lors de la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815.
Classé comme patrimoine exceptionnel de Wallonie, le monument est devenu le symbole de la bataille de Waterloo qui marqua la chute de l'empereur français Napoléon et remodela l'Europe. Dans les environs, à Lasne et Waterloo, plusieurs monuments rappellent les combats et les morts qu'ils entraînèrent.
À un peu plus de deux kilomètres de là, chemin de Camuselle, à Plancenoit (Lasne), se dresse le Monument aux Prussiens. "Composé d'une flèche de fer peinte sur un soubassement de pierre bleue, ce monument néogothique rend hommage aux soldats prussiens tués au cours de la bataille de Waterloo. Érigé en 1818 pour célébrer les performances des troupes de Blücher, il est situé à un endroit où une batterie française aurait fait subir de lourdes pertes aux Prussiens", lit-on sur le site www.connaitrelawallonie.wallonie.be.
L'inventaire du patrimoine wallon précise que la flèche est surmontée d'une "Croix de Fer", portant les initiales couronnées "FW" pour Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse.
La chaussée de Charleroi (N 5) regorge aussi de monuments, à commencer par l'Aigle blessé, construit en 1904. "Au soir du 18 juin 1815, se forma à cet endroit le dernier carré de la Garde Impériale, qui devait succomber après une résistance acharnée", indique l'inventaire wallon.
Celui-ci explique que ce mémorial représente un aigle blessé, déséquilibré, tenant obstinément son drapeau déchiqueté et honore les soldats français morts pour la patrie.
Plus près de la butte, le Monument aux Hanovriens, une pyramide tronquée en calcaire, a été érigé en 1818 par les officiers de la légion anglo-germanique des Hanovriens, en hommage aux 42 officiers morts pendant les attaques françaises de la ferme de la Haie Sainte.
En face, le Monument Gordon est une colonne brisée, cannelée, ornée d'une couronne. Il a été érigé en 1817 en hommage au lieutenant-colonel britannique Gordon, aide de camp du duc de Wellington. Gravement blessé durant la bataille, il mourut des suites de ses blessures. Il avait 29 ans.
D'autres monuments rendent hommage à des combattants. Ainsi, rue du Dimont, donnant sur la chaussée de Charleroi, une stèle érigée en 1980 est dédiée au lieutenant-général Sir Thomas Picton, mort non loin de là dans l'après-midi du 18 juin 1815 alors qu'il luttait contre l'avance du comte français Drouet.
En face, une stèle élevée en 1990 honore le "27th Inniskilling Regiment of Foot": sur les 747 soldats et officiers de ce régiment britannique présents lors de la bataille, 493 furent tués ou blessés.
Enfin, au carrefour de la chaussée de Charleroi et de la rue du Dimont, le Monument aux Belges, érigé pour le centenaire de la bataille, rend hommage aux quelque 1 200 "Belges" morts pendant les combats. L'inventaire wallon le décrit comme un haut monument en calcaire de Sprimont, orné d'un drapeau en bronze déchiré par la mitraille qui est surmonté d'un trophée d'armes timbré d'un écusson au lion belge entouré de lauriers. Rappelons que la Belgique n'existait pas encore en 1815.
