Après deux refus au Conseil d'État, le ministre octroie le permis pour 6 éoliennes à Oreye
Nouvel épisode dans la saga Elicio. Le ministre Desquesnes accorde le permis pour l'implantation de six éoliennes au nord de la Chaussée Romaine. Contre l'avis de la Commune et des riverains.

- Publié le 07-04-2026 à 19h20

On pensait le projet oublié, il n'en est rien : le promoteur éolien Elicio vient de se voir octroyer un permis pour ériger ses six éoliennes entre la Chaussée Romaine et la frontière linguistique, au lieu-dit Paradis. Le ministre François Desquesnes, suivant l'avis de l'administration wallonne, a en effet donné son feu vert.
Pour rappel, le projet prévoit six mâts d'une puissance totale de maximum 21,6 MW et d'une hauteur de 150 mètres ; une cabine de tête, des chemins d'accès et la pose de câbles électriques. Soit, à peu de chose près, ce qui avait déjà été prévu par les précédents projets qui avaient pourtant été recalés à plusieurs reprises.
Pour les Orétois, mais aussi pour les habitants de localités flamandes ainsi que pour les autorités communales, c'est la douche froide. Car, à de multiples reprises, ils ont fait savoir qu'ils étaient farouchement opposés à ces six turbines à vent. "On n'en veut pas car c'est une partie des campagnes encore préservée, d'où on peut apercevoir la tour de la basilique de Tongres, seul repaire vertical dans le paysage, nous indiquaient les opposants en octobre dernier, lors du dépôt de dossier. L'installation d'éoliennes à cet endroit viendrait rompre l'harmonie paysagère. Et il serait regrettable d'abîmer ces campagnes encore préservées."
Conseil d'État : jamais deux sans trois
Cela fait des années qu'Elicio (autrefois Tecteo) veut implanter ses éoliennes à cet endroit. Déjà en 2011, puis en 2013, 2015 et 2016, le dossier était déposé à la Commune d'Oreye. À chaque fois, les autorités communales, à Oreye, mais aussi à Heers et à Tongres, s'y sont opposées. Les riverains, regroupés au sein de l'association Face au Vent, se sont également mobilisés, récoltant des milliers de signatures. Au fil des ans et des ministres, de dépôt de projet en recours et en annulation, le permis d'Elicio a été par deux fois annulé par arrêtés du Conseil d'État. Mais le moins qu'on puisse écrire, c'est que le promoteur éolien est tenace. "Je ne sais pas pourquoi le promoteur tient tant à ce site, déplore Jean-Marc Daerden, bourgmestre d'Oreye. Alors qu'il y a d'autres endroits où ces éoliennes poseraient moins de problème. Ici, c'est le même projet qui a été déposé et accordé par le ministre. Le Conseil d'État avait annulé le permis précédent car il estimait que l'étude d'incidences n'était pas complète. Je vois qu'Elicio a fait des études complémentaires, mais, pour moi, cela reste incomplet…"
La délivrance de ce permis n'est donc par pour autant la fin du combat. En effet, les opposants, par la voie de Jean-Luc Lecoq, un des porte-parole des riverains, ont déjà annoncé leur intention de saisir une troisième fois le Conseil d'État.
