Y aurait-il un malaise entre le bourgmestre d'Oreye et les enseignants? "Je n'aime pas qu'on détériore"
Des slogans avaient été inscrits à la craie devant l'école communale d'Oreye, ils ont été effacés par le bourgmestre à plusieurs reprises. Il s'en est expliqué en conseil.

- Publié le 29-05-2026 à 10h01
- Mis à jour le 29-05-2026 à 16h43

Comme partout ailleurs, les enseignants orétois ont manifesté leur désaccord face à la future réforme de l'enseignement en inscrivant des "Non" et autres slogans devant les bâtiments de l'école communale. Un moyen d'expression qui n'a manifestement pas plu au bourgmestre, Jean-Marc Daerden, qui aurait envoyé des ouvriers communaux les effacer.
"Les enseignants pensaient d'abord que c'était pour les photos qui allaient être réalisées dans le cadre de l'inauguration des nouvelles classes et du préau, nous revient-il. Sauf qu'après avoir réécrit les slogans au même endroit, le bourgmestre a de nouveau tout fait effacer." D'aucuns parlent même ouvertement d'entrave à la liberté d'expression.
Un malaise qui a poussé la conseillère d'opposition Chloé Happart a confronter le mayeur ce jeudi soir, en séance publique du conseil communal. "Quelle est votre position par rapport à la liberté d'expression?", questionne-t-elle. "Elle est totale", répond Jean-Marc Daerden. Ne s'en contentant pas, la conseillère rappelle la situation. Et le mayeur de répondre que "l'explication est simple: vendredi, quand on a inauguré les nouvelles classes, on recevait des gens du CECP (NDLR. Conseil de l'enseignement des Communes et des Provinces), de la Fédération Wallonie-Bruxelles mais aussi l'architecte, des entrepreneurs… Toute une série d'acteurs qui ont contribué au projet. Oui, j'ai très mal pris la chose car on recevait du monde pour une fête et j'aurais préféré lire des "mercis". "
Quand la conseillère précise qu'après l'inauguration, les slogans ont à nouveau été supprimés, le bourgmestre répond: "Je ne suis pas pour la détérioration du domaine public. Pourquoi ne vont-elles pas manifester là où on manifeste ? Mais venir écrire des choses comme ça dans une école, ça ne va pas.""Mais c'est à la craie qu'ils ont été écrits, passivement…", rétorque Chloé Happart.
Aussi, Chloé Happart a demandé pourquoi les instituteurs n'ont pas été conviés à l'inauguration. "Il fallait convenir avec les agendas de tout le monde.", répond le bourgmestre. "Mais n'était-il pas possible de trouver un autre créneau horaire?" "Non, et puis, pour l'inauguration des classes, c'était mieux qu'on puisse voir les enseignants au travail."
"Du deux poids, deux mesures"
La conseillère d'opposition Vanessa Charlier, elle, souligne que lorsque les agriculteurs ont retourné les panneaux routiers, Jean-Marc Daerden ne les a pas fait remettre à l'endroit. "Il y a un "deux poids, deux mesures"…" Le mayeur explique qu'il n'a pas la main sur les routes nationales. Vanessa Charlier assure pourtant qu'il y avait des panneaux retournés sur les routes communales également. Mais le bourgmestre d'insister: "Je n'aime pas les détériorations, que ce soit à la craie, à la peinture ou quoi que ce soit d'autres."
