Grève dans les écoles, les enseignants de l'ILC d'Ouffet solidaires : "C'est faux de dire qu'une majorité silencieuse est d'accord avec les réformes"
Spontanément, des enseignants de l'ILC Ouffet ont décidé aux aussi de faire grève. Par solidarité avec les autres établissements mais aussi en réaction des réponses du politique.

- Publié le 26-05-2026 à 13h17

À l'Institut Libre du Condroz, à Ouffet, on ne s'en cache pas, les manifs, les mouvements de grogne, ce n'est pas vraiment le genre de la maison. Située à la campagne dans un cadre privilégié, l'école ne subit pas la même pression qu'en ville. Et pourtant, depuis vendredi, la plupart des enseignants ont décidé de maintenir un piquet de grève devant l'établissement. "On n'avait plus vu ça depuis les années 90, explique Michaël Solheid, enseignant en anglais et néerlandais au cycle inférieur. On n'empêche ni les élèves, ni les collègues qui ne font pas grève d'entrer mais nous sommes quand même près de 75 % à participer au mouvement." Un mouvement spontané qui est né en dehors des structures syndicales.
La goutte de trop
"En fait, nous avons décidé de passer à l'action quand on a entendu les réponses des politiques aux manifestations. Cela a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Faire croire qu'une majorité silencieuse est d'accord avec les réformes, c'est faux. De même que faire passer les enseignants pour des irresponsables qui prennent les élèves en otage."

Et les examens ?
L'enseignant de l'ILC en est conscient, son école est encore relativement préservée par les réformes mais pas question pour lui et ses collègues de faire l'autruche. "On aura aussi des répercussions ici dès l'année scolaire prochaine, souligne Michaël Solheid. Même si, comparée à d'autres établissements notre situation est encore confortable."
Alors, pour être visibles des élèves et de leurs parents, une majorité d'enseignants a décidé de passer à l'action. "Jeudi dernier, les parents ont reçu un message soulignant que les cours étaient perturbés. On ne refuse pas l'accès aux élèves et ceux qui viennent sont pris en charge notamment par des cours de remédiation."
Difficile de savoir comment va évoluer le mouvement en général et en particulier à l'ILC d'Ouffet. "Nous avons une réunion prévue ce mercredi pour voir ce que l'on va faire, explique Michaël Solheid. Si on reprend le travail, on aura le temps de rattraper le retard et les examens pourront être organisés. Mais si le mouvement se poursuit, on verra…"