En dix ans, la province de Luxembourg a perdu 3400 élèves
En dix ans, le nombre d'élèves en province de Luxembourg a diminué d'un peu plus de 1 000 unités en moyenne à tous les niveaux, que ce soit en maternelle, primaire ou en secondaire.

- Publié le 22-08-2026 à 04h15

L'auriez-vous deviné, à l'aube de la rentrée ? En 10 ans, entre 2014 et 2024, la province de Luxembourg a perdu 3 368 élèves tous niveaux confondus, maternelle, primaire et secondaire ! Au total, les écoles de notre province sont ainsi passées de 63 027 à 59 659 inscrits. La baisse est assez similaire dans les trois niveaux, mais elle préfigure un creux prolongé puisque c'est en maternelle que la perte est la plus significative (-1 073 élèves, soit -8,47%), devant la primaire (-1 349 élèves, -5,83%) et le secondaire (-946 élèves, -3,47%),
Des chiffres qui peuvent étonner sachant que, sur la même décennie, la population totale de notre province a grimpé de 6,65% avec 18 420 habitants, supplémentaires. Et que, en dehors de Rouvroy, toutes nos communes connaissent une croissance positive, de faible à forte, selon l'Iweps. Mais c'est à mettre en perspective avec le nombre de mineurs qui a, lui, diminué, de près de 900 jeunes, illustrant la baisse de la natalité et le vieillissement progressif de la population. Au-delà du bilan global, les réalités locales sont parfois fort différentes, y compris selon les niveaux.
Les tops et les flops
En maternelle, proportionnellement, les plus grandes baisses sont à Daverdisse (-39%), Tellin (-29%) et Martelange (-28%). Au total, ce ne sont pas moins de 32 communes (sachant que Bertogne est comptée dans Bastogne) qui sont en diminution ! Cela concerne entre autres des villes de la province comme Arlon, Bastogne, Virton, Marche ou encore Neufchâteau. Si Vaux-sur-Sûre est la plus stable de toutes (même nombre), seules dix sont donc en positif, emmenées par Herbeumont (+31%), Manhay (+24%) et Bouillon (+19%).
Au niveau primaire, Wellin (-26%), Étalle (-24%) et Daverdisse, encore une fois, (-19%) affichent le pire bilan sur les… 27 communes qui sont en recul. Si des villes comme Arlon, Marche et Virton présentent une nette baisse, Bastogne (+5%) et Neufchâteau (+0,3%) sont, cette fois, stables voire positives. Côté bons élèves, Fauvillers (+36%), une nouvelle fois Herbeumont (+ 25%), et Érezée (+ 22%) trustent le podium.
Et en secondaire ? Une précision tout d'abord, le nombre de communes concernées chute évidemment, de 43 à 25. Et une évidence, la catastrophe à Manhay qui affiche une diminution de 92%, passant de 92 à… 6 élèves à la rentrée 24-25 (pour l'implantation de l'athénée Vielsalm-Manhay à Manhay). Suivent Aubange (-21%), Libramont (18%), Bouillon (-17%), Virton (-11%), Marche (-11%) et Arlon (-8%), soit presque toutes les principales villes. À noter que si Bastogne est stable (+ 0,16%), ils ont, depuis, récupéré une partie des élèves de l'école à pédagogies actives d'Attert via l'ICET. La palme revient à Florenville (+ 84%), Tellin (+32%) et Saint-Hubert (+31%) alors que Neufchâteau suit, un peu plus loin (+ 6%). En nombre pur, c'est Saint-Hubert qui a le plus grandi avec 221 élèves supplémentaires.
Plus globalement, au cumul des trois niveaux, la majorité des grosses communes (de 1 500 élèves et plus) est en recul, même si certaines parviennent à rester stables.
Quant aux petites communes, en ne gardant que maternelles et primaires, Herbeumont a connu la plus belle évolution proportionnelle. Au total des 43 communes, seules sept autres, situées aux quatre coins de la province, affichent un bilan positif en maternelle et primaire combinées: Attert, Bouillon, Érezée, Gouvy, Manhay, Meix-devant-Virton et Messancy. Et si l'on ajoute le secondaire, il n'en reste que Érezée et Messancy. Difficile donc de tirer des causes et tendances communes précises, même si l'on peut par exemple supposer que la difficulté à trouver un logement (à un prix abordable) éloigne les jeunes couples de certaines villes.
Des chiffres encourageants pour Messancy
Selon les chiffres fournis par la Fédération Wallonie Bruxelles concernant la rentrée scolaire 2024-25, les chiffres de fréquentation scolaire sont encourageants pour Messancy.
Selon Laurence Lorgé, l'échevine messancéenne chargée de l'enseignement, cette évolution mérite d'être analysée avec nuance. "La population de Messancy a certes progressé au cours des dix dernières années, mais à un rythme relativement modéré, avec une croissance annuelle moyenne de 0,67 %. Cette seule donnée ne suffit donc pas à expliquer l'augmentation constatée dans nos écoles."
Messancy bénéficie sans doute de sa situation géographique privilégiée sur un axe majeur emprunté par les travailleurs frontaliers. "Cette localisation continue d'attirer ou de retenir des familles qui souhaitent des infrastructures scolaires restant proches ou sur le chemin de leur lieu de travail. Mais la force de nos écoles réside aussi dans leur ancrage local. Dans nos villages, les écoles participent pleinement à la vie associative, culturelle et sociale. Elles sont des lieux de rencontre et de cohésion qui contribuent au dynamisme des communautés villageoises. La majorité des élèves fréquentent d'ailleurs l'école de leur village, ce qui renforce les liens entre les familles, les enseignants, les associations et la vie locale."
Un soutien politique constant
Mais cette dynamique est également le résultat d'une volonté politique constante de soutenir l'enseignement sur son territoire. "La Commune investit dans ses écoles et veille à la qualité des infrastructures. La rentrée 2026 illustrera concrètement cette ambition. Les élèves de l'école communale de Turpange intégreront un nouveau bâtiment scolaire et les élèves de l'école libre du Foyer, à Messancy, feront également leur rentrée dans de nouveaux locaux. Ces deux réalisations importantes, financées grâce aux fonds européens, témoignent des investissements consentis et de la volonté des PO en faveur de l'éducation et du bien-être des enfants."
Messancy soutient les autres réseaux afin de développer une offre commune de services adaptée aux besoins des familles. L'accueil extrascolaire tient notamment compte des contraintes horaires rencontrées par de nombreux parents, en particulier les travailleurs frontaliers. "Nous poursuivrons donc nos efforts en matière d'infrastructures scolaires, d'accueil extrascolaire et d'accompagnement des équipes éducatives, tout en restant attentifs aux réalités vécues par les communes voisines confrontées à une baisse des effectifs." CVH
