L'administrateur de WBE en visite à l'Athénée Royal de Bastogne: "Un jeune bien orienté va réussir sa scolarité"
En visite à Bastogne, André Grenier défend les filières qualifiantes et appelle à laisser les jeunes choisir leur orientation.
- Publié le 28-08-2026 à 21h00

Les premiers mots prononcés aux équipes de l'Athénée Royal de Bastogne-Houffalize par l'administrateur de Wallonie-Bruxelles Enseignement, André Grenier, lors de sa visite vendredi matin ? "C'est plus qu'une école, c'est un campus."
André Grenier a en effet parcouru l'implantation bastognarde et prit connaissance des différentes options qualifiantes qui y sont proposées.
"Les enseignants sont orientés vers les solutions"
Cette visite à Bastogne clôturait le tour d'André Grenier dans certaines écoles en Wallonie et à Bruxelles en cette semaine de rentrée.
L'occasion d'encourager les équipes et de se rendre compte de certaines réalités de terrain en milieu rural, loin de la capitale. "Il est impossible de prendre de bonnes décisions si je ne suis pas sur le terrain, dit-il. Il existe des ambiances de travail et des milieux socio-économiques différents selon les différentes zones d'enseignement. Et la province de Luxembourg est différente."
Lorsqu'on lui demande à quelles réalités de terrain il fut confronté à Bastogne, il répond qu'à l'Athénée Royal, les enseignants sont orientés vers les solutions.
"Cela ne veut pas dire qu'ils sont d'accord avec les mesures du gouvernement, reprend-il. Cela s'est vu lors de notre échange assez franc en fin de visite (voir ci-contre). Et je voulais être là pour les entendre et les écouter. L'Athénée Royal de Bastogne est en pleine expansion, c'est même bien plus qu'une école puisque nous sommes sur un véritable campus. Sur le même site, nous retrouvons un internat, de l'enseignement fondamental et secondaire ainsi que des options générales et techniques. Il est possible pour les élèves d'y commencer et d'y terminer leur scolarité puisqu'une offre diversifiée y est assurée."
En effet, André Grenier a pu découvrir le restaurant didactique, les classes de mathématiques et d'allemand ainsi que les options d'assistant en pharmacie et chauffage-sanitaire. L'occasion pour lui d'émettre certaines idées.
Immersion et partenariat
C'est durant le cours d'allemand que l'administrateur de Wallonie-Bruxelles Enseignement aborde l'immersion.
L'air d'abord surpris que l'allemand soit davantage sollicité que le néerlandais, il explique qu'au vu de la proximité avec le Grand-Duché de Luxembourg, une immersion dans cette langue pourrait être une force supplémentaire pour l'établissement scolaire. Et tandis qu'il quitte l'option d'assistant en pharmacie, il ajoute qu'il faudrait pouvoir développer davantage cette option. "Et ce, tant dans le secondaire mais aussi en partenariat avec l'enseignement pour adulte car il s'agit d'un métier qui mène à l'emploi, explique-t-il. Beaucoup de pharmacies et de petites officines cherchent des assistants en pharmacie et le passage de cette collaboration pourrait aussi avoir un intérêt pour sortir des personnes du chômage, puisqu'on connaît les mesures gouvernementales là-dessus. En tant que Pouvoir Organisateur, nous devons faire en sorte de mettre le pied à l'étirer et donner une réorientation à ces personnes qui souhaitent s'investir professionnellement."
"Si les jeunes veulent se qualifier, laissez les faire"
À la question de savoir ce qu'il pense de ces options techniques et de la réforme selon laquelle le gouvernement veut revoir l'offre de formations, il explique que ces filières sont indispensables. À l'Athénée Royal de Bastogne, une trentaine suit les cours en chauffage-sanitaire. "C'est bien", a concédé André Grenier avant d'ajouter "qu'un jeune bien orienté est un jeune qui va réussir sa scolarité. On a besoin de tout le monde. Aujourd'hui, nous avons besoin de ces qualifications et compétences. L'idée qu'il faut absolument faire des études supérieures ou universitaires pour réussir sa vie, ce n'est pas vrai. On a beaucoup de jeunes qui s'investissent dans des filières qualifiantes et qui gagnent tout aussi bien leur vie. S'ils en ont envie, je dis aux parents de les laisser faire et ils auront des enfants hyper épanouis."
Les enseignants font bonne figure, mais s'inquiètent
La visite s'est clôturée par une rencontre avec les enseignants de l'Athénée Royal de Bastogne. L'occasion pour l'administrateur de Wallonie-Bruxelles Enseignement, André Grenier, d'écouter. "Si vous avez des choses à me dire, je suis là pour ça". Certains se sont lancés. "Vous nous trouvez de bonne volonté mais il faut qu'on puisse le rester, explique une enseignante. Il y a quand même pas mal de choses qui nous perturbent, même en dehors des pertes d'emploi qui sont déstabilisantes, et on tient le coup parce qu'on reste soudés. Notre confort de travail est perturbé par toutes ces réformes qui ne sont pas toujours cohérentes. On fait beaucoup d'improvisation. On nous annonce des changements depuis longtemps et tout est toujours fait au dernier moment."
André Grenier a répondu qu'il en était conscient et qu'une réunion se tiendra le 1er septembre prochain avec la Ministre Valérie Glatigny. Concernant les pertes d'emploi dû à la réforme, il insiste sur le fait que chaque enseignant qui n'a pas retrouvé un emploi sous Wallonie-Bruxelles Enseignement est invité à lui écrire un courrier. "C'est notre cheval de bataille", conclut-il. J.M.
