Dinant : un "legs" de cabanes secoue le Syndicat d'initiative
Une convention signée entre le Syndicat d'initiative et des opérateurs touristiques pose question. Pas qu'au S.I.
- Publié le 25-06-2025 à 12h26

C'est le bordel complet au Syndicat d'initiative de Dinant. Démissions en cascade, y compris de sa présidente, qui succédait à un chapelet (serré) de prédécesseurs. Selon le bourgmestre Richard Fournaux, il y a des cadavres dans les placards. Ou plutôt sur la Croisette. C'est sur ce trottoir désormais célèbre et très fréquenté des bords de Meuse que des cabanons ont été construits, et ils sont assez originaux : cela s'est fait sans permis, sur un espace dont la Région wallonne est propriétaire.
Ces guichets utilisés par des opérateurs touristiques sont loués par ces derniers. Mais surprise, par convention, ils en deviendront en quelque sorte les propriétaires à l'issue du bail, soit au début de l'année prochaine. Plutôt les usagers uniques, cette fois à titre gratuit et à durée indéterminée.
Les opérateurs touristiques en question sont les frères Olivier (3 chalets) et Nicolas (1 chalet) Pitance. Richard Fournaux sent les difficultés venir. Parmi ses interrogations, certaines portent sur le monopole ainsi créé et l'impossibilité de la mise en concurrence pour l'usage de ces biens publics.
"Pas un cadeau, ni une magouille"
L'un des bénéficiaires de ce deal, Olivier Pitance, ne le cache pas, c'est lui qui l'a négocié, mais au départ, c'est le SI qui l'a sollicité. Son commentaire en préambule : "Le contexte est important, il ne s'agit ni d'un cadeau, ni d'une magouille."
Le patron de Dinant Évasion raconte comment ça s'est passé. "Ces cabanes ont coûté un certain prix, le SI les a payées à la place de la Ville, c'est un fait, avec la difficulté d'un problème urbanistique et le flou total sur leur location ou pas, ou leur démolition ou pas. Le SI est venu me trouver, il cherchait à mettre en location ces infrastructures dont je n'ai pas besoin, afin de payer le prêt. Je dis OK, je veux bien, mais en payant un prix normal sur vingt ans. Eux voulaient trois ou quatre fois un prix normal pour assurer le financement, rapidement. Je dis OK, mais à condition qu'une fois le SI sorti du rouge, je puisse exploiter les cabanons sans location, à durée indéterminée. Je loue ces cabanons depuis une (NDLR: très petite) dizaine d'années, cette convention a été signée il y a quatre ou cinq ans, avec effet rétroactif. J'ai effectivement inventé le truc, et c'est un deal honnête. D'autant que le jour où ces constructions litigieuses sont démolies, je perds tout. J'ai pris des risques pour tout le monde."
Une première "allusion"
À l'hôtel de ville de Dinant, on analyse depuis quelques jours la fameuse convention, avec un focus particulier sur les risques potentiels. Le dossier finira sur la table du collège communal.
On en a déjà parlé durant quelques secondes lors de la réunion du conseil de ce lundi soir. Alors qu'Omer Laloux (majorité) posait une question en utilisant le mot "cabane", le bourgmestre Fournaux s'est réjoui que le conseiller ne mette pas sur la table les guichets touristiques de la Croisette : "Quand tu as parlé de cabane, j'ai cru que tu allais venir avec un sujet qui n'est pas à l'ordre du jour." Pas encore, à tout le moins.

