Mornimont (Jemeppe-sur-Sambre) un village "oublié" ? "Les travaux de la N90 l'asphyxient", dénonce un élu
Rodéos sur chapeaux de roues dans le zoning, église fermée depuis 6 ans et qui vaut à la plaine de jeux, voisine du clocher, d'être temporairement inaccessible en raison d'un risque de chute d'ardoises et d'éléments de zinc. Lundi soir, Frédéric Delcomnenne a relayé au conseil les points noirs de Mornimont et le malaise de ses habitants qui se sentent délaissés.

- Publié le 03-09-2026 à 06h00
- Mis à jour le 04-09-2026 à 06h21

Des 14 points de l'ordre du jour, seules les deux questions supplémentaires posées par le conseiller PS Frédéric Delcommenne ont semblé les plus consistantes à rapporter. Pourtant, comme c'est la règle, il n'y a eu aucun débat. Mais l'élu de Mornimont, avec sa litanie d'arguments, a réussi à installer un doute, ce lundi au conseil communal: Mornimont serait-il le village "oublié" de l'entité de Jemeppe-sur-Sambre ? Dans ce registre, volerait-il la vedette à Saint-Martin ?
Le socialiste s'inquiète d'abord des rodéos motorisés faisant assaut des routes vides du parc d'activités économiques dès que celui-ci, inhabité, retombe dans la léthargie. Ce type d'aménagement dédicacé veut cela : à l'animation commerciale du jour, et à ses va-et-viens, succède un grand vide dans lequel s'engouffrent des amateurs de vitesse ayant envie de laisser des traces de gomme sur le bitume.
C'est arrivé à Mornimont le week-end des 15 et 16 août. "Un rassemblement d'une ampleur inédite, plus de 60 véhicules", dénonce l'élu. Avec son cortège de nuisances anxiogènes: bruits stridents, accélérations vrombissantes, déchets abandonnés et feux allumés sur place.
Le phénomène ne serait pas isolé. "Les comportements inciviques, les courses sauvages et les dérapages sont devenus récurrents dans le zoning", affirme Frédéric Delcomnenne, évoquant "plusieurs signalements de citoyens auprès des services de la police locale".
Que fait la police ? L'élu interroge: la police dispose-t-elle de données précises sur ces rassemblements à 4 roues ? Des enquêteurs ciblent-ils spécifiquement ces fous du moteur hurlant maltraité ? Surtout, quelles mesures mettre en place pour les enrayer ? "Contrôles ciblés, interdiction d'accès nocturne,saisie administrative de véhicules ?"
Une résistance ingérable
Selon le bourgmestre Vincent Vanrossomme, la police est "pleinement consciente des nuisances occasionnées et de leur impact sur la tranquillité et le sentiment de sécurité des riverains." Néanmoins, c'est compliqué. Très mobiles, ces délinquants de la route s'échappent rapidement d'un site à un autre, ce qui ajoute à la difficulté d'anticiper ces rendez-vous anxiogènes.
Lors des faits de la mi-août, la présence policière n'a pas pu mettre fin, sur-le-champ, à ce rassemblement de plus de 100 véhicules (et non 60) représentant plus ou moins 200 personnes. Un tel nombre ne peut raisonnablement pas être géré par 2 équipes de 2 policiers. "D'autant que certains opposent de la résistance et font preuve de violence", précise le bourgmestre. Ce qui oblige les patrouilles locales à solliciter des renforts.
La police fait ce qu'elle peut selon ses moyens. Le bourgmestre annonce que "près de 120 véhicules font l'objet d'un constat en vue d'une sanction administrative, laquelle peut atteindre 500 €."
La réponse ne clôt pas totalement la discussion. L'élu PS revient à la question de l'anticipation. "N'y a-t-il pas des choses à faire ou à adapter pour ne pas qu'ils puissent encore revenir ? Afin que, s'ils reviennent, on soit peut-être un peu plus efficaces ?" Là, sur le coup, pas de réponses. Il faut y réfléchir.
Désarroi et colère
La seconde question aborde le cadre de vie, à propos duquel l'élu dit relayer "le profond désarroi pour ne pas dire la colère légitime des habitants de Mornimont", lance-t-il. Son constat est sévère: "Depuis longtemps, Mornimont subit une dégradation continue de son cadre de vie et une paralysie de sa mobilité qui impacte lourdement le quotidien de chacun", déroule-t-il. Et de citer les travaux de la N90 qui "asphyxient le village", la fermeture de l'église depuis 6 ans, qui se dégrade, l'ancienne maison communale inoccupée depuis 8 ans. Enfin, la plaine de jeux inaccessible depuis peu du fait de la dangerosité de possibles chutes de briques de l'église.
À quoi il ajoute "des poubelles débordantes, des bulles à verre confinant au dépôt sauvage et des endroits du zoning transformés en dépotoirs." Il y a encore ce sentier menant à la gare de Moustier, entretenu quand on y pense, à la petite semaine.
Le collège partage le constat affligeant. "Les habitants connaissent effectivement une période difficile", reconnaît l'échevin Jean-Louis Glorieux. Mais il ne peut laisser dire que Mornimont est un village oublié. Point par point, il dégaine alors les réflexions en cours et solutions envisagées par le collège (voir ci-contre) pour faire reculer cette fausse impression. Le socialiste reconnaît que le collège n'est pas responsable de tout. Il ne veut incriminer personne. "Mais les riverains, eux, ont des raisons de s'inquiéter et de dire qu'on ne fait pas grand-chose dans leur village", conclut-il.
Saint-Nicolas des courants d'air
L'église St-Nicolas ? Selon le collège, "sa fermeture et sa sécurisation ne constituent pas un désintérêt pour le site." Son avenir doit juste être encore étudié au regard de "son intérêt patrimonial, de son état technique, des coûts importants de son éventuelle rénovation."
La salle ? Trop pourrie
Pour la maison communale, "une analyse de son état, de son potentiel d'utilisation et de l'intérêt éventuel d'une rénovation ou d'une valorisation" doit être menée. Quant à la salle de la place Lekeu, que l'élu PS recommande d'acquérir pour faire renaître une vie associative, le collège estime que "les coûts engendrés par les travaux à effectuer sont bien trop importants."
Le service Environnement va redoubler de vigilance
La propreté ? L'échevin Jean-Louis Glorieux promet partout oùca coince, et tant que faire se peut, une attention particulière, "aux abords des bulles à verre, aux trottoirs et aux cheminements piétons", et même aux abords de la gare de Moustier.C'est Byzance.
Le bordel ?
Ce vendredi 11/09 aura lieu la 4e édition du marché artisanal, place Lekeu. Frédéric Delcommenne est inquiet, vu l'état de l'église. "Communiquez, dites aux gens par où aller et où stationner, mais, surtout, de ne pas stationner près de l'église (qui menace ruine). Parce que, si vous ne le faites pas, ça va être, excusez-moi du mot, le bordel." Ce sera fait normalement, en amont du village, par des déviations et mesures complémentaires de signalisation.
