Incendie dans les Fagnes : des sanctions pénales possibles pour les auteurs, même en cas d'acte involontaire
S'ils ne sont pas encore identifiés à ce stade, le ou les auteurs de l'incendie qui sévit dans les Hautes Fagnes risquent des sanctions pénales, y compris en cas d'acte involontaire. Explications.
- Publié le 20-08-2026 à 11h00
- Mis à jour le 20-08-2026 à 14h58

Le parquet de Liège a ouvert un dossier afin de déterminer les causes de l'incendie qui sévit dans les Hautes Fagnes depuis le vendredi 14 août 2026. Un procès-verbal a été dressé pour "incendie involontaire à charge de X". Une qualification qui est toutefois susceptible d'évoluer au fil des investigations.
Si le départ de feu s'avérait volontaire, son ou ses auteurs s'exposeraient à de lourdes peines, entre 10 et 15 ans de prison.
Dans certaines circonstances, un incendie peut mettre des personnes en grand danger. Dès lors, si l'auteur devait présumer que des personnes se trouvaient sur les lieux concernés, la peine prévue serait encore plus sévère, allant de 15 à 20 ans de réclusion.
L'hypothèse de l'incendie involontaire
Dans le cas d'un incendie involontaire, les conséquences sont nettement moins sévères. Ces faits n'échappent pas, pour autant, à toute sanction pénale.
"L'article 519 du Code pénal réprime certaines hypothèses d'incendie involontaire, notamment lorsque celui-ci résulte de feux, lumières ou autres comportements accomplis sans les précautions nécessaires ou en violation des prescriptions applicables", détaille l'avocat liégeois, Fabian Martalo. Dans ces situations précises, la peine prévue est de huit jours à trois mois d'emprisonnement et/ou une amende.
Si le départ de feu résulte d'un incendie accidentel au sens strict, il ne constitue pas en lui-même une infraction pénale. Fabian Martalo nuance toutefois, en précisant que "l'absence d'intention de provoquer l'incendie n'exclut pas nécessairement toute responsabilité pénale : une imprudence, une négligence ou un défaut de précaution peuvent, dans les conditions prévues par la loi, être pénalement sanctionnés".
L'avocat namurois Gilles Gruslin ne dit pas autre chose : "Un comportement fautif peut en effet être sanctionné […] Mais en cas d'acte involontaire, on se focalisera principalement sur les conséquences civiles, c'est-à-dire les dommages et intérêts éventuels".
Reste une question : l'absence de signalement à la police est-elle susceptible d'aggraver la situation de la personne concernée ? "On n'est pas obligé de se dénoncer, mais il est clair que cela n'enjolivera pas le dossier", conclut Gilles Gruslin.
