Les trains toujours plus en retard
Le nouveau Plan de transport de la SNCB n'a pas permis d'améliorer la ponctualité. Celle-ci s'est même détériorée. Et l'avenir s'annonce encore plus sombre!

- Publié le 10-08-2018 à 07h46

On ne parle jamais des trains qui arrivent à l'heure mais toujours de ceux qui arrivent en retard. Et la situation ne risque pas de changer. Car la ponctualité à la SNCB sur les cinq premiers mois de l'année ne s'est pas améliorée. L'effet inverse s'est même produit.
Le problème n'est pas récent. En 2016, la ponctualité des trains atteignait 89,2%, sous les attentes pourtant fixées à 90%. L'an dernier, elle a baissé à 88,3%. Conscients du problème, les responsables de l'entreprise publique, rappelés à l'ordre par le ministre fédéral des Transports, François Bellot (MR), ont nommé cinq managers de lignes chargés de remettre les trains dans les bonnes grilles horaires.

Un nouveau Plan de transport plus tard (depuis décembre dernier), le verdict est tombé. La ponctualité ne cesse de se détériorer si l'on se base sur un document interne à l'entreprise dont nous avons eu connaissance. Entre décembre et février, elle a atteint 88,5%. Entre février et avril, elle a régressé à 88,3%. Et entre avril et juin, elle a chuté à 87,2%. La dernière semaine de mai a même été catastrophique avec un score de 84,9%!
À ce rythme, la SNCB a été obligée de revoir ses objectifs. La barre initiale des 89% ne sera pas atteinte. Les projections indiquent que l'année se terminera avec un score de 87,2%. L'entreprise publique s'est donc fixé un nouvel objectif: "On doit avoir l'ambition d'atteindre une ponctualité finale située autour de 88,0%", peut-on lire dans le document.
"On ne laisse pas tomber les bras"
Du côté de la SNCB, on reconnaît un problème. Qu'on explique principalement par des problèmes "tiers": "Certains incidents (jeunes qui jettent des pierres sur les voies à Bruxelles en heure de pointe, des conditions atmosphériques défavorables, des grèves, des accidents de personnes et de cas d'intrusion sur les voies) ont eu un impact considérable sur le trafic, regrette Bart Crols, porte-parole. La SNCB de son côté fait tout pour limiter les problèmes avec son matériel et veille à ce que les premiers départs soient faits à l'heure."
Pour autant, la SNCB ne désespère pas d'améliorer la situation: "Il est vrai que la ponctualité a baissé ces derniers mois. Mais c'est un constat qui ne donne pas lieu au pessimisme. Au contraire, la SNCB met tout en œuvre (avec notre partenaire Infrabel) afin d'inverser cette tendance et que la courbe de la ponctualité reparte à la hausse. On analyse d'abord, puis on implémente des actions. Une société qui met le client au centre ne laisse pas tomber les bras," conclut Bart Crols.