Les travailleurs de la RTBF en grève lundi, les programmes peu perturbés mais cette émission bien connue ne sera pas diffusée
Un préavis de grève a été déposé en front commun par la CGSP et la CSC à la RTBF, ce lundi 12 octobre 2026.
- Publié le 08-10-2026 à 21h17
- Mis à jour le 09-10-2026 à 13h47

Un préavis de grève a été déposé en front commun par la CGSP et la CSC-Transcom à la RTBF, a indiqué jeudi soir à Belga le président de la CGSP IRW du média public, Bernard Gabus. La RTBF confirme également qu'un préavis a été déposé, mais que, outre le remplacement de l'émission "On n'est pas des pigeons" par un "best of" sur La Une, la programmation de lundi ne devrait pas être grandement perturbée.
"Tout est mis en œuvre pour garantir la continuité des programmes, et que leur diffusion soit la plus fluide possible", a indiqué la porte-parole Isabelle Bastaits à Belga. De son côté, M. Gabus a également souligné que l'action ne devrait entraîner que de légères perturbations.
Le préavis couvre l'ensemble des travailleurs qui souhaitent arrêter le travail "pour protester contre les mesures d'austérité qui continuent à être prises, au détriment de la concertation sociale, par les gouvernements, fédéral, régionaux, et des communautés, qui touchent notamment à la qualité de nos services publics, au personnel qui les anime, et à leurs futurs pensionnés", explique le représentant du syndicat socialiste.
Les organisations syndicales disent refuser les nouvelles économies annoncées par la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre du futur contrat de gestion du média de service public et des prochains exercices budgétaires. "Après le gel de la dotation de la RTBF, qui représente une économie de 133 millions d'euros sur quatre ans, et les efforts déjà consentis par le personnel dans le cadre d'un protocole d'accord conclu en 2026, l'annonce de nouvelles réductions budgétaires constitue un signal particulièrement préoccupant", s'inquiètent-elles.
Leur communication a été envoyée avant que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s'accorde ce vendredi sur son budget initial 2027. Il y est prévu que, "dans le cadre du nouveau contrat de gestion et de la définition de ses missions, la RTBF réalisera un effort complémentaire de minimum 20 millions d'euros d'ici 2029".
"Ces politiques d'austérité mettent en péril l'emploi, dégradent les conditions de travail, et fragilisent la capacité de la RTBF à assurer pleinement ses missions de service public, au bénéfice de l'ensemble des citoyens", alerte la CGSP.
Les syndicats refusent de voir le service public audiovisuel "soumis à une logique d'austérité permanente". "La qualité du travail, l'équilibre de la vie professionnelle et familiale du personnel qui maintient à flot les missions de service public de la RTBF, méritent d'autres perspectives que des restrictions budgétaires répétées", estiment-ils.
Ils évoquent aussi la problématique du statut de nomination, qui en pratique n'est plus d'application "par décision unilatérale" du conseil d'administration de la RTBF. Il reste pourtant "la seule vraie référence en termes de protection du personnel contre toute pression et atteinte à la liberté de l'information, à la qualité du travail journalistique, et à l'autonomie professionnelle".
Du côté de la VRT, l'ACOD (pendant flamand de la CGSP) prévient que les conséquences de la grève seront importantes. "Seules quelques émissions d'actualité pourront être diffusées avec un effectif réduit au minimum", indique-t-il dans un communiqué de presse.
Tout au long de la journée, la chaîne publique diffusera par ailleurs des messages audio et visuels, ainsi que des bannières numériques afin d'expliquer les raisons de la grève.
