Une vérification réserve une sacrée surprise aux policiers : ce conducteur wallon est déchu du droit de conduire jusqu'en… 2123
Une course-poursuite de 18 minutes à partir de Dour. Le trentenaire roule à vive allure, emprunte notamment des rues à sens interdit et multiplie les manœuvres dangereuses. Finalement, lui et son convoyeur abandonnent la voiture… alors qu'elle est encore en mouvement. On évoque, ce jeudi 17 septembre 2026, l'épineux dossier judiciaire de cet habitant de La Bouverie.
- Publié le 17-09-2026 à 15h58

Quelle ne fut pas la surprise de ces policiers de la zone boraine (province de Hainaut) lorsqu'ils ont constaté qu'un trentenaire avait été condamné à une interdiction de conduire durant près d'un… siècle.
Il est un peu moins d'une heure du matin, le 29 juin 2025, lorsque des policiers remarquent trois voitures stationnées sur le parking d'un fast-food à Dour.
Une forte odeur de cannabis flotte dans l'air. Les agents décident de s'approcher.
Au volant de l'une des voitures se trouve Jean (prénom d'emprunt), un habitant de La Bouverie. Une vérification dans les bases de données policières réserve une sacrée surprise aux policiers : le trentenaire est déchu du droit de conduire… jusqu'en 2123 !
"Jusqu'en 2123 ?"
La décision a été prise par le tribunal de police de Courtrai en mars 2024. "Jusqu'en 2123 ? ", s'étonne Me Patricia De Springer, son avocate, à l'audience. Le parquet confirme. Le jugement mentionne notamment une "incapacité physique de conduire".
Pas en ordre de contrôle technique et avec de mauvaises plaques d'immatriculation, il prend la fuite et "saute" de la voiture
Pour Jean, la situation se complique encore. Son véhicule n'est pas en ordre de contrôle technique et les plaques d'immatriculation appartiennent à un autre véhicule. Plutôt que de s'expliquer avec les policiers, il choisit une autre option : prendre la fuite.
S'ensuit une course-poursuite de 18 minutes. Le trentenaire roule à vive allure, emprunte notamment des rues à sens interdit et multiplie les manœuvres dangereuses. Finalement, lui et son convoyeur abandonnent la voiture… alors qu'elle est encore en mouvement. Le véhicule poursuit sa route avant de terminer sa course dans un bosquet.
Du protoxyde d'azote et déjà 7 condamnations à son casier
Les policiers découvrent alors du protoxyde d'azote dans l'habitacle. Jean est privé de liberté et poursuivi notamment pour entrave méchante à la circulation, infraction dont la définition a été revue par le nouveau Code pénal, ainsi que pour détention de protoxyde d'azote.
Le ministère public a requis trois ans de prison. Jean compte déjà sept condamnations à son casier.
"Un mauvais conducteur", mais un "ouvrier qui a soif d'apprendre"
Pour la défense, Me De Springer sollicite une peine assortie d'un sursis. L'avocate propose notamment que son client suive une formation VIAS destinée aux délinquants de la route.
Elle reconnaît que Jean est "un mauvais conducteur", mais insiste sur son insertion sociale. Il travaille et, selon son employeur, donne entière satisfaction. "C'est un ouvrier qui a soif d'apprendre", rapporte-t-elle.
La déchéance court bien jusqu'en 2123
Pour le parquet, le comportement de Jean démontre pourtant qu'il est grand temps de mettre un terme à ses aventures au volant. Cette nuit-là, rappelle le ministère public, de nombreux usagers profitaient de cette belle nuit d'été pour circuler. La conduite du prévenu aurait pu avoir de lourdes conséquences.
Et contrairement à ce qu'affirme Jean, qui pensait être déchu pour seulement six mois et assure être actuellement en train de repasser ses examens, le tribunal de police ne s'est pas trompé : la déchéance court bien jusqu'en 2123.

