Les maisons se fissurent à cause de la météo en Wallonie : "Il n'y a généralement pas de risque d'effondrement immédiat "
Cet été 2026 particulièrement sec aurait causé des fissures dans des habitations en Wallonie. C'est en tout cas ce que constatent certains propriétaires, notamment du côté de Mouscron.

- Publié le 09-10-2026 à 14h46

2026 est l'année des extrêmes en météorologie. Cet été caniculaire en a encore été la preuve. Chaleur et sécheresse ont laissé des traces, dans nos sols, entre autres. La terre a ainsi été fortement asséchée, se fissurant par endroits. De quoi créer une certaine instabilité.
Sur le territoire de Mouscron, où les sols argileux sont particulièrement sensibles aux épisodes de sécheresse comme celui exceptionnellement vécu, les inquiétudes sont légitimes. Fissures dans les terrains comme sur les bâtiments, mouvements du sol… Les conséquences de plusieurs semaines de ces chaleurs intenses pourraient bien se prolonger longtemps après le retour de températures actuellement plus clémentes.

"Face à l'apparition de fissures, le délai légal est de 3 ans"
Arthur Renard, l'unique ingénieur en stabilité de l'entité, est aux premières loges pour observer le phénomène. Et une chose est certaine : les sollicitations ne manquent pas… "Face à l'apparition de fissures, le délai légal est de 3 ans. Cependant, je n'ai jamais vu autant de sollicitations immédiates, consécutivement à la sécheresse vécue au cours de l'été. Je crée actuellement 2 à 3 dossiers par semaine", s'étonne toujours le professionnel depuis son bureau AR Ingénierie installé à Herseaux.
M. Renard doit faire preuve de pédagogie et rassurer immédiatement face à l'effroi. Des solutions existent afin de stopper la progression des fissures et elles sont souvent moins radicales que certains sinistrés ne l'imaginent…
"Il faut prendre le temps de l'analyse"
"Certains me disent tout de suite : "Je veux un devis pour installer des pieux !" Je comprends qu'ils veulent que ce soit réglé tout de suite mais, au contraire, il faut prendre le temps de l'analyse. Non seulement, dans la majorité des cas rencontrés, il n'y a pas de risque d'effondrement immédiat – les pieux sont vraiment l'option ultime, le rempiétement et l'injection de résine expansive prévalent – mais, en plus et à l'instar de chez le médecin, il faut d'abord poser un diagnostic, rechercher la cause dont la sécheresse est souvent secondaire.
Il y a souvent un facteur extérieur aggravant qui, une fois réglé, a déjà une incidence positive sur la maison. On vérifie d'abord l'état de la structure des égouts où un souci est très facile à détecter. Par ailleurs, en cas de problème, il y a souvent un saule pleureur non loin qui peut pomper quotidiennement jusqu'à 400 litres d'eau ! En supprimant la perte d'étanchéité de l'égout (qu'on peut gérer nous-même via ma filiale de détection et de chemisage des égouts) et/ou en abattant des arbres, le problème se règle déjà."

C'est le "caractère gonflant" qui provoque les fissures
Autre bonne nouvelle : vous n'avez souvent rien ou assez peu à débourser puisque les dégâts des eaux, même dans le sous-sol, sont susceptibles d'être pris en charge par l'assurance incendie, tandis qu'un jardinier s'occupera des arbres.
C'est le "caractère gonflant" qui provoque les fissures : la terre se referme en hiver par l'humidité et se rouvre en été, tel un accordéon… mais qu'on aurait ouvert à l'excès à l'été 2026.
"L'eau est souvent la cause des soucis, mais l'épisode de cet été l'impacte : le sol imbibé, puis asséché à ce point n'a pu qu'amplifier la réaction du phénomène. Mais si c'est vraiment la sécheresse qui est la seule fautive et qui peut être révélée au travers de l'intervention d'un géotechnicien mesurant la résistance du sol, alors la loi de 2020 est interprétative. L'assurance habitation prend en charge les dommages liés aux fissures, mais pas l'amélioration ou le renforcement. Cependant, j'insiste : la sécheresse seule n'explique généralement pas l'importance des désordres observés…"
Comment réagir si vous êtes impacté ?
Que faire face à l'apparition de fissures qui serpentent ? On aurait tendance à logiquement appeler d'emblée sa compagnie d'assurances "mais il y a alors un risque que le dossier soit très vite clôturé, en prenant éventuellement une mauvaise direction".
Puisque la maison ne s'effondrera pas du jour au lendemain, l'option à privilégier selon M. Renard serait donc de faire établir en premier lieu un rapport par un ingénieur en stabilité. Document qui pourra alors être soumis par l'assuré à sa compagnie, afin d'étayer son dossier dès le départ. "L'ingénieur en stabilité est une sorte d'avocat technique. Ce rapport sera là pour aiguiller. L'avantage pour les sinistrés est que les honoraires d'un ingénieur déterminant l'une des trois causes – égout, arbre et/ou sécheresse – peuvent être pris en charge par l'assurance habitation selon les garanties du contrat."