Napolitano prend la situation en main

L'Italie est plus que jamais dans l'impasse. Le leader de la gauche a livré un constat d'échec hier au président. Qui doit trouver la parade.

F.G.
Napolitano prend la situation en main
ITALY-POLITICS-BERSANI ©AFP

Dimanche, cela fera exactement cent jours que l'Italie n'a plus de gouvernement. Si le triste record de la Belgique (541 jours) semble encore loin, le pays n'en demeure pas moins dans l'impasse. Après l'échec des discussions entre partis, la balle est désormais dans le camp du président de la République, Giorgio Napolitano qui lance "ses propres consultations".

Le 21décembre dernier, le Président du Conseil italien, Mario Monti, présentait sa démission dans la foulée de l'adoption du budget 2013. Un geste, consécutif à la perte de soutien du Parti de la Liberté (le parti de Silvio Berlusconi), qui allait marquer le début d'une crise politique dont l'Italie peine à se sortir.

Car entre-temps, les Italiens ont voté. C'était les 24 et 25février dernier. Un scrutin qui a vu émerger un nouveau parti, le Mouvement 5 Etoiles (M5S) de l'ancien humoriste Beppe Grillo. Au plus grand désarroi de la gauche qui se voyait déjà au pouvoir mais qui n'a finalement pas réussi à contrôler les deux assemblées.

Depuis, le blocage est total. La gauche espérait pouvoir convaincre le M5S de sceller une alliance afin de procéder à d'importantes réformes, dont celle de la très polémique loi électorale. Mais c'était sans compter sur l'intransigeance de Beppe Grillo qui n'a cessé de répéter qu'il ne voterait la confiance à aucun gouvernement. L'homme ne dévie pas de sa ligne: il votera à la carte.

De vives tensions sont d'ailleurs apparues au sein du parti suite à la désignation de l'ancien procureur anti-mafia Pietro Grasso à la présidence du Sénat. Une nomination rendue possible grâce au soutien de quelques sénateurs rebelles du M5S. Beppe Grillo avait réclamé, en vain, leur démission.

Depuis, le chef de la gauche Pier Luigi Bersani tentait de former un gouvernement Ou à tout le moins de décrocher un vote de soutien pour initier quelques réformes.

La droite berlusconienne n'a cessé de rappeler sa disponibilité. Mais, en échange, le parti réclame la nomination d'un des siens à la présidence du pays: Silvio Berlusconi ou l'ancien journaliste Gianni Letta. Inacceptable tant pour la gauche que pour Grillo. Le mandat de Giorgio Napolitano prendra fin à la mi-mai.

Face à l'impasse dans laquelle se trouve le pays, M.Bersani a rencontré hier le président de la République pour lui faire rapport. Ce dernier, par l'entremise de son porte-parole, a annoncé qu'il allait "sans attendre prendre les initiatives qui lui permettent de vérifier personnellement les développements possibles." Début des consultations ce vendredi matin.

F.-X.G.

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