Des investissements tous azimuts
Jeudi, on apprenait que les célèbres magasins Printemps, à Paris, étaient rachetés par des investisseurs qatariens. Un symbole de plus de la fièvre acheteuse du Qatar, en France et en Europe.
- Publié le 06-04-2013 à 06h00
Différentes logiques d'investissement sont à l'œuvre derrière ces achats, analyse Christian Chesnot.
1. Prévoyance "Il y a la logique est celle de se dire qu'on a un trésor et qu'on va l'utiliser pour le futur de nos enfants ", explique l'écrivain. C'est une logique qui tient surtout à calmer la population échaudée par la course à la modernité qui bouleverse le pays et ses traditions.
2. Développement Le Qatar a investi dans de nombreux groupes étrangers industriels ou énergétiques: 5% de Veolia; 5,8% de Vinci; 3,8% de Total; 3% de Shell. Ces investissements correspondent à une autre logique, celle du développement du pays. Les entreprises partenaires doivent réaliser des investissements d'infrastructure dans un pays qui en a grand besoin.
3. Nouveau riche Les Qatariens aiment étaler leur fortune: palaces, hôtels de maître, yachts, clubs de foot,etc. "C'est la logique du nouveau riche, impulsive, de spéculation."
La liste des biens acquis ces dernières années est interminable: Harrod's et le Village olympique à Londres, Royal Monceau, Hôtel du Louvre, Concorde Lafayette à Paris, Carlton et Martinez à Cannes.
4. Trésor de guerre Les Qatariens savent aussi tirer les leçons de l'Histoire. Racheter des œuvres d'art, des appartements ou propriétés aux quatre coins du monde correspond à une autre logique: "Placer de l'argent à l'étranger, c'est s'assurer contre les coups d'état qui sont une tradition dans cette partie du monde." L'ancien émir, renversé par son fils, a ainsi pu compter sur plusieurs milliards de dollars lorsqu'il a été contraint à l'exil.
F.-X.G.
