EmmanuelMacron déjà au travail
À peine investi, Emmanuel Macron a affiché ses ambitions: rendre à la France toute sa grandeur. Une ambition qui prendra du temps.

- Publié le 15-05-2017 à 06h00

"En ce qui me concerne, dès ce soir, je serai au travail." Une semaine après son élection, Emmanuel Macron a officiellement été investi hier, président de la République française. Une journée de célébrations mêlant symboliques et gravité, en raison de l'ampleur de la tâche qui l'attend. Des défis nombreux qui figuraient au cœur de son premier discours présidentiel.
"Depuis des décennies, la France doute d'elle-même, a expliqué d'emblée Emmanuel Macron aux invités présents dans la salle des fêtes de l'Élysée, où s'est déroulée la cérémonie d'investiture. Elle se sent menacée dans sa culture, dans son modèle social, dans ses croyances profondes. Elle doute de ce qui l'a faite."
Il faudra du temps
Un pessimisme qu'il entend dissiper pour "rendre aux Français cette confiance en eux, depuis trop longtemps affaiblie."
Mais cela prendra du temps: "Je n'ai pas pensé une seule seconde qu'elle se restaurerait comme par magie le soir du 7 mai. Ce sera un travail lent, exigeant, mais indispensable."
Pour y parvenir, l'ancien ministre de l'Économie entend miser sur le travail, la culture et l'éducation. Il veut surtout rassembler et rassurer ceux qui se sentent oubliés par "ce vaste mouvement du monde". "Tout ce qui forge notre solidarité nationale sera refondé, réinventé, fortifié. L'égalité face aux accidents de la vie sera renforcée", a-t-il promis en rappelant les grands principes de la République: égalité, solidarité et laïcité.
"Dans ce combat, j'aurai besoin de chacun", a scandé Emmanuel Macron avant d'insister sur sa seconde exigence: l'exemplarité. "Parce que nous aurons su dépasser ensemble nos craintes et nos angoisses, nous donnerons ensemble l'exemple d'un peuple sachant affirmer ses valeurs et ses principes, qui sont ceux de la démocratie et de la République. "
L'héritage de ses prédécesseurs salué
En rassembleur, le nouveau locataire de l'Élysée a loué le travail de ses prédécesseurs: De Gaulle, qui a su "redresser la France"; Pompidou, qui a fait de l'Hexagone "une puissance industrielle majeure"; Giscard qui a apporté de "la modernité" au pays; Mitterrand auquel on doit "la réconciliation du rêve français et du rêve européen "; Chirac qui s'est opposé aux "va-t-en-guerre"; Sarkozy qui s'est démené "pour résoudre la crise financière"; Hollande qui a arraché l'Accord de Paris sur le climat et qui a protégé les Français du terrorisme.
"Leur œuvre, surtout ces dernières décennies, s'est trop souvent vu empêchée sur un climat intérieur délétère, par le découragement de Françaises et de Français s'estimant injustement défavorisés, déclassés, ou oubliés."
Répondre aux grandes crises contemporaines
"Aujourd'hui, Mesdames, Messieurs, le temps est venu pour la France de se hisser à la hauteur du moment. La division et les fractures qui parcourent notre société doivent être surmontées, qu'elles soient économiques, sociales, politiques ou morales; car le monde attend de nous que nous soyons forts, solides et clairvoyants."
Emmanuel Macron entend apporter "une réponse pertinente aux grandes crises contemporaines" à savoir "la crise migratoire, du défi climatique, des dérives autoritaires, des excès du capitalisme mondial, et bien sûr du terrorisme".
Une mission indispensable et dont les résultats décideront "du destin de la France pour les décennies qui viennent. Nous ne nous battrons pas seulement pour cette génération, mais pour les générations à venir. C'est à nous, tous, qu'il appartient, ici et maintenant, de décider du monde dans lequel ces générations vivront. Telle est peut-être notre plus grande responsabilité."
