Et si Hollande revenait en 2022?
L'ancien président prépare-t-il son retour sur la scène politique française?S'il entretient le suspense, des militants distribuent des tracts évoquant une candidature.

- Publié le 16-08-2018 à 20h00

François Hollande se profile-t-il pour l'élection présidentielle de 2022? Impensable il y a encore quelques mois, l'éventualité d'un retour du socialiste aux affaires affole les médias français. Plusieurs éléments sont venus alimenter la rumeur ces dernières semaines.
La première à avoir semé le doute n'est autre que la compagne de François Hollande, Julie Gayet. Dans une interview au Parisien publiée le 29 juillet, l'actrice a lâché une petite phrase qui a sorti la presse hexagonale de sa torpeur estivale: "Ce qui est important aujourd'hui, et je le vois quand on sort, c'est qu'il y a une vraie attente, beaucoup de gens espèrent son retour."
Le week-end dernier, c'est une distribution de tracts "Hollande 2022" sur plusieurs marchés de France qui a conforté l'hypothèse. On pouvait y lire le message suivant: "Qui a tenu face aux attentats? Qui a rétabli les comptes publics? Qui a inversé la courbe du chômage? C'est François Hollande. L'histoire n'est pas terminée." L'initiative émane du collectif Inventons Demain, un groupe de jeunes socialistes déçus par Emmanuel Macron.
En tournée promotionnelle
Enfin, François Hollande lui-même a soufflé sur le chaud et le froid, en prenant bien soin de ne pas doucher les espoirs de ses supporters. En tournée de dédicace à travers la France, le Corrézien multiplie les rencontres avec les Français. Un ratissage au plus près de la population qui séduit. Et qui n'est pas sans rappeler sa dernière campagne.
S'il ne se prononce pas sur ses intentions futures, il n'en a pas moins perdu sa capacité d'analyse: "Avec le recul, il y a un jugement qui est porté sur la politique que j'ai conduite, il y a des comparaisons qui se font, mais je ne veux pas en tirer plus de conclusions que cela ", a-t-il glissé à nos confrères du Figaro lors d'une sortie à Cassis.
"La vie politique n'est jamais jouée à l'avance"
Pour Pierre Verjans, politologue à l'ULiège, cela ressemble à "un ballon d'essai ", comme celui lancé en début de semaine sur un éventuel parachutage de Charles Michel à Bruxelles.
"François Hollande pourrait essayer de revenir, rien ne s'y oppose. Mais est-ce qu'il pourrait gagner quelque chose en revenant? Est-ce qu'il pourrait reconstituer le PS alors que sa personnalité a été pour beaucoup dans le déclin du PS lors des dernières présidentielles?", analyse avec scepticisme le spécialiste.
"Ce serait très difficile à croire qu'il puisse reconstruire un parti démantibulé à cause de sa politique ''chèvrechoutiste'' entre sa politique sociale-démocrate à l'allemande et une ligne que beaucoup de députés socialistes auraient souhaité plus à gauche."
Pour autant, Pierre Verjans ne perd pas de vue les leçons d'un passé parfois récent. Personne, en 2011, n'aurait misé sur François Hollande. "Il n'y pensait pas non plus jusqu'à l'affaire DSK." Aucun observateur n'avait non plus misé sur Donald Trump ou même Emmanuel Macron lors de l'annonce de sa candidature. Ils ont pourtant été élus. "La vie politique n'est jamais jouée à l'avance."
D'autant plus que la politique menée par son successeur pourrait faire remonter l'attractivité de François Hollande: "Quand on voit que la politique de celui qui a été élu pour lui succéder, celui qui avait promis une politique de centre-gauche, est plutôt de droite, forcément le bilan de François Hollande devient moins mauvais. Or, quand on dresse le bilan de quelqu'un, ce qu'on oublie souvent c'est qu'on fait souvent un bilan absolu, jamais relatif."
Dit autrement, l'électeur pourrait avoir la mémoire courte…
