Avoirs russes gelés: "La Commission européenne ne rouvrira pas le débat", assure Bart De Wever
Le Premier ministre, Bart De Wever, s'est montré sûr de lui mercredi à la Chambre: la Commission européenne ne rouvrira pas le débat sur la confiscation des avoirs russes gelés.
- Publié le 21-10-2026 à 10h05

"J'en suis certain: la Commission européenne ne va pas rouvrir le débat", a assuré Bart De Wever devant le comité d'avis des questions européennes.
Durant le Conseil européen de la semaine passée, les 27 ont discuté du soutien à l'Ukraine. Un prêt de 90 milliards d'euros couvre les périodes 2026-2027. Quelle sera la suite? Certains pays de l'UE, dont les Pays-Bas, mais aussi l'Ukraine, ont relancé la question d'une confiscation des avoirs russes gelés en vertu des sanctions internationales et qui se trouvent en grande partie à Bruxelles, sur les comptes d'Euroclear.
"L'Europe devra assumer sa responsabilité mais ce ne sera pas fait avec une confiscation des avoirs immobilisés. Je déplore les déclarations publiques de certains collègues. J'ai été très clair pendant le Conseil européen et tout le monde m'a très bien compris", a affirmé De Wever.
Durant la réunion, le chef du gouvernement belge a rappelé les conséquences juridiques et économiques d'une confiscation, notamment à l'adresse de son homologue néerlandais, Rob Jetten. "J'ai l'impression qu'il a été impressionné", a dit De Wever. "Certains des collègues m'ont dit: c'est comme si vous aviez éteint l'incendie. Ca m'a fait du bien d'entendre que j'avais été efficace".
Le Premier ministre n'exclut toutefois pas que le débat revienne sur le tapis à l'initiative d'autres États membres. L'Europe doit mettre en place un soutien structurel à l'Ukraine, reconnaît-il. La Commission étudiera les besoins de financement et soumettra une proposition. "Si l'on dit que les Ukrainiens se battent aujourd'hui pour nos valeurs et notre liberté, il faut assumer la solidarité", a fait remarquer M. De Wever.
Dans ce cadre, la question de l'utilisation des avoirs russes se posera à l'issue de la guerre au titre, par exemple, de compensation aux dommages causés, à entendre De Wever. Désormais ceux-ci sont gelés de manière indéterminée, la sanction ne doit pas être renouvelée tous les six mois comme précédemment et nécessite une majorité des deux tiers pour être levée.
Le Premier ministre belge et le président ukrainien se sont entretenus en marge du sommet. "On a parlé de manière très approfondie et ouverte comme de vrais amis et de vrais alliés", a souligné M. De Wever.
Comme annoncé, la Belgique veillera à fournir d'ici la fin de l'année 10 F-16 de sa flotte en cours de renouvellement. Ces avions de chasse constituent jusqu'à présent l'une des armes les plus efficaces contre les nouveaux drones russes équipés de turboréacteurs, qui saturent les défenses antiaériennes ukrainiennes.
Bart De Wever s'est montré prudent sur les récentes initiatives américaines qui mettent à mal l'Ukraine. "C'est facile de dire que c'est scandaleux mais ce n'est pas à nous d'assumer les conséquences. Il faut tout faire pour garder l'unité du monde occidental dans le soutien à l'Ukraine", a-t-il encore dit.
Les dépendances aux Etats-Unis demeurent cruciales, par exemple dans les capacités satellitaires dont les Européens ne disposent pas.
