Le diabète et ses conséquences sur la santé sexuelle: "Souvent, un patient venant consulter pour un problème de santé sexuelle ignore son diabète"

Bien informer les patients diabétiques sur les conséquences sur leur santé sexuelle est indispensable. La prise en charge de la maladie est, en effet, le meilleur traitement.

Belga
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“Bien souvent, un patient venant consulter pour un problème de santé sexuelle ignore son diabète. Quand la maladie est gérée, la plainte en matière de santé sexuelle disparaît souvent”, explique Charlotte Leemans, doctorante à l’UCLouvain et psychologue et sexologue de formation, à quelques encablures de la Journée mondiale du diabète le 14 novembre. ©Copyright (c) 2020 Kaspars Grinvalds/Shutterstock. No use without permission.

Parmi les nombreux dangers et conséquences du diabète, il y a l'impact important sur la santé sexuelle, tant pour les hommes que pour les femmes. À cet égard, bien informer les patients diabétiques sur les conséquences sur leur santé sexuelle est indispensable. La prise en charge de la maladie est, en effet, le meilleur traitement.

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"La santé sexuelle des diabétiques n'est pas assez prise en charge"

"Bien souvent, un patient venant consulter pour un problème de santé sexuelle ignore son diabète. Quand la maladie est gérée, la plainte en matière de santé sexuelle disparaît souvent", explique Charlotte Leemans, doctorante à l'UCLouvain et psychologue et sexologue de formation, à quelques encablures de la Journée mondiale du diabète le 14 novembre. "La santé sexuelle des diabétiques n'est pas assez prise en charge, tant par le soignant qui n'informe pas toujours suffisamment, que par le soigné qui ne va pas spontanément parler de ses problèmes sexuels avec son médecin".

"La maladie entraîne une neuropathie diabétique (les nerfs souffrent de l'hyperglycémie chronique, ndlr) qui épaissit le sang et provoque des difficultés d'érection du pénis et du clitoris", poursuit Charlotte Leemans, qui consacre depuis plusieurs années ses recherches à la santé sexuelle des personnes vivant avec cette maladie chronique. Par ailleurs, les patients sont aussi atteints d'angiopathie, entravant la capacité du sang à arriver aux extrémités du corps.

Le déséquilibre hormonal que cause la maladie perturbe les taux de testostérone, d'œstrogène, de cortisol, de mélatonine et entraîne des problèmes thyroïdiens.

Des difficultés d'éjaculation

Les personnes diabétiques souffrent souvent de fatigue chronique à cause d'un mauvais sommeil et d'inflammation chronique, notamment au niveau du gland du pénis. Des difficultés d'éjaculation font aussi partie des symptômes.

Des facteurs psychologiques sont présents évidemment. "Notamment, l'angoisse de performance, la peur de ne pas parvenir à l'érection ou de ne pas pouvoir atteindre l'orgasme", détaille Charlotte Leemans. "La perte d'estime de soi, les patients ayant régulièrement des problèmes d'obésité par exemple, ou l'anxiété et la dépression, sont des facteurs invalidants aussi", poursuit la sexologue. "En situation de stress, l'organisme fabrique du glucose. Le danger pour un/une diabétique est le stress chronique. Par ailleurs, quand on est stressé, le sang afflue vers le cœur, au détriment des extrémités, ce qui pose souci pour une relation sexuelle".

Si les médicaments oraux rééquilibrant la glycémie ou la pompe à insuline constituent des traitements efficaces pour le diabète, travailler sur les quatre piliers que sont l'alimentation, l'activité physique, le sommeil et la relaxation améliore de façon fondamentale la santé des patients et a une influence positive notamment sur leur santé sexuelle, explique Charlotte Leemans. Enfin, accepter son diabète et faire appel aux traitements sexologiques (viagra, prothèse, connaissance de son corps,…) sont importants.

La Société des sexologues universitaires de Belgique œuvre auprès des autorités pour obtenir une reconnaissance et une protection du titre de sexologue. Ce n'est pour le moment pas le cas, en dépit du fait que le métier fasse l'objet d'un master universitaire.

Charlotte Leemans, qui est sa présidente, pilote de son côté une étude sur la façon dont les soignants prennent en charge la problématique et a conçu une formation sur ce thème à destination des professionnels de santé.

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