Jusqu'à 5 ans de prison et 20.000€ d'amende: Giorgia Meloni durcit les mesures de sécurité après des violences lors de manifestations (vidéo)

Après des scènes de vandalisme et des pillages en marge de manifestations contre la vie chère en Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni a approuvé un nouveau décret sécuritaire. La Présidente du Conseil des ministres annonce le déploiement des militaires à Milan.

La Rédaction de l'Avenir
Giorgia Meloni, Première ministre de l'Italie.
Giorgia Meloni, Première ministre de l'Italie. ©AFP or licensors

Les manifestations contre la hausse du coût de la vie continuent de s'étendre en Italie. Les chauffeurs routiers ont érigé des barrages pour empêcher le réapprovisionnement des supermarchés, vidant ainsi les rayons de produits frais.

Des scènes de vandalisme et des pillages ont récemment eu lieu lors des manifestations, comme en France ou en Belgique. Des images qui ont fait réagir Giorgia Meloni. La Présidente du Conseil des ministres a décidé de durcir le ton et a approuvé un nouveau décret sécuritaire.

Il instaure une nouvelle infraction pénale, passible de deux à cinq ans de prison et d'une amende pouvant atteindre 20.000 euros. Le gouvernement vise notamment les personnes qui participent, au sein d'un groupe d'au moins cinq personnes, à des violences mettant en danger la sécurité publique. Les peines pourront être alourdies si les auteurs ont le visage couvert ou ont blessé quelqu'un.

Des poursuites aussi contre les mineurs

Le gouvernement entend également faciliter les poursuites contre les mineurs impliqués dans des actes de vandalisme ou des pillages dès l'âge de 14 ans. Leurs parents pourront être tenus financièrement responsables des dégâts occasionnés.

À Milan, où les violences ont été particulièrement importantes samedi soir, 500 soldats supplémentaires seront déployés jusqu'à la fin de l'année. Plus de 2.000 jeunes auraient participé aux émeutes, marquées par des pillages de commerces et des incendies. Parmi la cinquantaine de personnes arrêtées durant le week-end, plus de 30 étaient mineures.

Le Parlement italien dispose de 60 jours pour convertir le décret en loi. Il s'agit du huitième paquet sécuritaire adopté par le gouvernement Meloni depuis son arrivée au pouvoir, en octobre 2022.

Le mouvement touche surtout le sud du pays

Le mouvement touche particulièrement le sud du pays, notamment la Calabre et les Pouilles. En Sicile, les blocages ont été temporairement levés après une rencontre avec le ministre des Transports, Matteo Salvini, pour rétablir l'approvisionnement.

Les transporteurs dénoncent les prix élevés du diesel, les péages et le retard dans le versement des aides publiques. Leur colère vise directement le gouvernement de Giorgia Meloni, alliant droite et extrême-droite.

Sur les principaux axes routiers, comme les autoroutes A1 et A30, de longs bouchons se sont formés. Les raffineries et les voies d'accès aux ports sont également bloquées, laissant certaines stations-service à court de carburant.

Les agriculteurs se sont joints au mouvement pour réclamer une exonération totale des taxes sur le gazole agricole. L'exécutif a promis d'entamer des discussions à ce sujet.

Contre la "carovita"

Ce mécontentement s'enracine dans la "carovita" (hausse du coût de la vie). En septembre, l'inflation atteignait 4,2%, accentuant la précarité face à des salaires stagnants et inférieurs à la moyenne européenne.

Des élèves avaient déjà manifesté en fin de semaine contre la hausse des prix, tandis que des émeutes ont éclaté dans plusieurs villes du nord samedi et dimanche.

Ces tensions sociales surviennent alors que le gouvernement de Giorgia Meloni a établi, début septembre, un record de longévité dans l'histoire de l'Italie d'après-guerre, atteignant le cap des 1.413 jours au pouvoir à l'approche des élections législatives prévues en 2027.

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