ANALYSE | Le MR a perdu ses deux ténors
Les deux hommes forts du MR sont partis pour l'Europe. La question de la succession est plus ouverte que jamais.

- Publié le 26-08-2019 à 06h00

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Pierre Vercauteren, cette désignation de Didier Reynders à la Commission s'ajoute à celle de Charles Michel à la tête du Conseil. Le départ des deux leaders laisse le MR sans tête?
Non, car le MR dispose de procédures internes pour procéder à la désignation du successeur de Charles Michel. Il n'y a donc pas de mystères. La question est plutôt de savoir comment cela va être géré. Les deux poids lourds partants, il faudra voir comment les arbitrages vont se faire en douceur sans que cela ne dégénère.
Vous pensez que cette succession peut raviver les conflits passés en interne?
Vraisemblablement pas. Tout le monde au MR a encore en mémoire les tensions et les séquelles du passé. Il y a la volonté d'éviter de se retrouver avec un parti fortement divisé. D'autant que les négociations pour la formation de coalitions en Région wallonne et au fédéral sont loin d'être terminées. Le MR a tout intérêt à ce que cette succession se passe calmement. Mais le point fait certainement l'objet de discussions en interne.
Peut-on déjà avancer un ou plusieurs noms de candidats probables?
C'est difficile de supputer. Il faut se montrer extrêmement prudent.
Et sur le profil du candidat recherché?
On peut s'attendre à voir deux types de candidatures. D'un côté, des personnes qui possèdent une solide expérience et bénéficient d'un soutien important à l'intérieur du parti.
De l'autre côté, on peut voir émerger des candidatures à la candidature, à savoir un candidat qui souhaite faire connaître son nom et se positionner pour une succession ultérieure.
Le MR perd ses deux ténors d'un coup. Doit-on y voir un coup dur ou plutôt une opportunité d'en finir avec les tensions en interne?
C'est une période transitoire avec la volonté de faire en sorte que cette transition soit la plus douce possible. C'est à la fois une opportunité et un sérieux défi. Quand de tels profils s'en vont, la succession est souvent difficile à assurer. On l'a vu à chaque fois qu'un ténor lâchait la présidence de son parti par le passé.
Concrètement, a-t-on déjà une idée du calendrier de cette succession?
Pas pour l'instant. Cela sera annoncé à l'issue d'un bureau de parti.
