67.000 festivaliers profitent d'un Ronquières 2024 (presque) sans boue: "Une véritable performance"
Du vendredi 2 au dimanche 4 août 2024, le festival de Ronquières a battu son plein du côté du plan incliné. Cette 12e édition a réuni 67.000 personnes, la deuxième affluence la plus importante après l'édition record de 2023 marquée par la boue.

- Publié le 05-08-2024 à 04h00
- Mis à jour le 05-08-2024 à 07h17

Plan mobilité revu, aménagement du site adapté, affiche éclectique… Pour sa douzième édition, le Ronquières Festival a retenu les leçons du passé. Après les couacs de l'an dernier, les organisateurs ont mis en place de grands changements pour oublier la boue et les problèmes de parking de 2023.
Ouverture du camping dès le jeudi avec soirée électro, scène principale qui retrouve sa place d'antan, éolienne alimentant le Bâbord Club devenu un immense chapiteau où les DJ's se succèdent… Les nouveautés de 2024 ont ravi les 67.000 spectateurs.
Une météo enfin clémente... avant le retour de la boue
Le soleil généreux du vendredi a parfaitement lancé le festival. Tête d'affiche, le groupe français Phoenix a assumé son rang. Au même titre que Luidji et PLK. Le lendemain, le beau temps était toujours d'actualité quand Selah Sue a illuminé la scène Tribord de sa classe. "Je suis fière d'être Belge", lâchera-t-elle. Mais tel un mauvais rêve, la pluie est venue corser les événements en fin de soirée. Qu'à cela ne tienne, les frères toulousains Bigflo & Oli ont réalisé de belles prouesses sous une drache nationale. Forcément, le dimanche, la boue a fait son retour sur la plaine. Décidément, elle ne lâche pas ce festival...

Youssef Swatt's, le petit prodige du rap
Récent vainqueur de la saison 3 de la série Netflix "Nouvelle École", le Tournaisien Youssef Swatt's a confirmé son nouveau statut de phénomène du rap. L'artiste de 26 ans, programmé très tôt, a rapidement fait l'unanimité sur la deuxième scène. Il aura notamment partagé une chanson avec le groupe Colt, qui jouait deux heures plus tard. "Le rap n'est pas mort, il est en pleine forme", nous a confié Youssef Reziki.
Des artistes reprogrammés qu'on (re)découvre
Annulés l'an dernier en raison des aléas météorologiques, les Bruxellois de RoseDog ont ouvert le tout premier festival de leur jeune carrière sous le soleil. Une chouette découverte. Kowari, qui a remplacé le Français Voyou malade, en toute dernière minute et Rori, qui n'a pas dû réaliser un concert sauvage sous le plan incliné cette année, étaient deux bonnes surprises. Même si Rori a dû quitter la scène un peu prématurément.
Mais ceux qui étaient les plus attendus, c'était évidemment les rockeurs de Shaka Ponk. Annulé en 2020 à cause du Covid, annulé en 2023 à cause de la boue qui a entraîné un remaniement de l'affiche en dernière minute, le groupe français a enfin pu terminer sa dernière tournée en passant par Ronquières. Après avoir attendu quatre années, le public était conquis.

Une mobilité améliorée
Point noir de la onzième édition, le plan mobilité a été complètement revu. Fini les files de 2 heures pour parcourir 6 kilomètres. Quelques parkings payants et des parkings de délestage gratuits, avec navettes vers le site, ont été prévus à plusieurs endroits aux alentours. Vendredi et dimanche, ces navettes ont très bien fonctionné. Samedi, jour sold-out, la circulation est restée fluide. Hormis dans deux parkings où certains ont dû prendre leur mal en patience après le DJ-set de Lost Frequencies. Quelques centaines de festivaliers ont également profité du RAVeL pour se rendre sur le site à vélo.

Un festival avec de belles histoires
Au rayon des belles histoires, on retiendra notamment ces deux Réunionnaises qui ont parcouru 10.000 kilomètres pour être bénévoles durant les trois jours. Ou encore le rappeur PLK, généreux dans l'effort, qui a allongé son concert de 15 minutes malgré 39 de fièvre. Et surtout ces deux amis new-yorkais venus pour la première fois en Europe pour assister au concert de Phoenix le vendredi.
La 13e édition du Ronquières Festival se tiendra du 1er au 3 août 2025.



Le bilan des organisateurs: "Un changement de modèle économique s'impose"
Gino Innocente, co-organisateur du festival, fait aussi son bilan: "Nous sommes à la fois soulagés et satisfaits car, après une édition 2023 plus que compliquée, le public ne nous a pas fait défaut et a répondu présent en nombre malgré des achats de billets de plus en plus tardifs qui nous ont donné quelques sueurs froides".
La baisse de fréquentation des festivals a inquiété l'organisation: "67.000 personnes, notre deuxième plus grosse affluence, c'est une véritable performance dans un contexte où d'autres festivals affichent une fréquentation en baisse. Toutefois, en dépit de ce succès de fréquentation, le Ronquières Festival devrait tout au plus arriver à l'équilibre financier, notre budget global étant fortement impacté par l'explosion des coûts de production liée aux nouveaux aménagements du site qui ont nécessité des moyens importants, à la pénurie de matériel et de techniciens qualifiés ainsi qu'à l'inflation des cachets artistiques qui ont atteint des sommets stratosphériques".
"Il est évident qu'un changement de modèle économique s'impose pour les prochaines années. Car, si notre métier consiste à prendre des risques, devoir atteindre 90% de remplissage pour équilibrer, c'est tout simplement intenable", conclut Gino Innocente.
Notre budget global est fortement impacté par l'explosion des coûts de production liée aux nouveaux aménagements du site qui ont nécessité des moyens importants, à la pénurie de matériel et de techniciens qualifiés ainsi qu'à l'inflation des cachets artistiques qui ont atteint des sommets stratosphériques


