Enseignement : les écoles peuvent-elles choisir quand l'année se termine et quand elle débute ?

Comme chaque année, le débat est relancé sur les jours blancs à l'école. Cette année 2022-2023 plus que jamais avec la réforme des rythmes scolaires. On a ainsi l'impression que les élèves ont encore gagné des jours de congé. Est-ce vraiment le cas ?

L'obligation scolaire est de rigueur jusqu'au 7 juillet.
L'obligation scolaire est de rigueur jusqu'au 7 juillet. ©JC Guillaume

"Ma fille, en première secondaire, a terminé l'école ce 28 juin 2023 et fera sa rentrée en deuxième le 31 août. Elle aura donc deux mois de vacances complets. Est-ce normal alors qu'on a rajouté une semaine de congé à la Toussaint et une autre au carnaval ? Et que j'entends partout que l'école se termine le 7 juillet ?" La question nous vient de Natacha.

Il est vrai que, depuis bien longtemps déjà, la fin d'année est propice à la polémique sur les jours blancs, ces fameux jours où les élèves, principalement dans le secondaire, n'ont pas cours pour permettre aux enseignants de délibérer. Faisons donc le point, chère Natacha, avec Jean-François Mahieu, porte-parole du cabinet de la ministre wallonne de l'Éducation, Caroline Désir.

"En primaire, l'école est ouverte et l'encadrement de tous les enfants est organisé jusqu'au 7 juillet. Par contre, en secondaire, pour autant que l'école respecte le nombre de jours blancs annuels autorisé, il se peut en effet que les élèves terminent avant le 7 juillet."

Des jours blancs selon l'année d'étude

Le nombre de jours blancs diffère selon le niveau d'études : "Actuellement, il est de 3 jours dans l'enseignement fondamental, 18 jours de la première à la troisième secondaire et de 27 jours de la quatrième à la sixième secondaire (en raison de l'organisation des examens oraux), explique Jean-François Mahieu. On peut effectivement trouver que le nombre de jours blancs est trop élevé car cela réduit les temps d'apprentissage et de présence des élèves à l'école. C'est aussi notre lecture. C'est pourquoi la réforme des rythmes a prévu une réduction du nombre de jours blancs dans le fondamental dès 2022 et une diminution du nombre de jours blancs dans le secondaire, de manière progressive en suivant le rythme du tronc commun. À partir de 2026-2027, les quotas autorisés dans le secondaire seront réduits d'un tiers."

guillement

Ce sont les jours où on parle le plus des élèves et de tous les besoins d'amélioration.

Anthony Spiegeler, directeur de NESPA (Nouvelle école secondaire à pédagogie active), située à Genappe, nous explique l'importance des jours blancs pour les enseignants. "Ce sont les jours où on parle le plus des élèves et de tous les besoins d'amélioration. Nous avons une temporalité très courte pour organiser les conseils de classe et préparer les dossiers pour les recours. Outre cela, il y a tout ce qui est relatif à la fin de l'année, comme vider les locaux, préparer l'année suivante, accueillir les nouveaux enseignants et aussi prévoir un moment solennel pour célébrer la fin de l'année. C'est un fantasme de pouvoir garder les élèves jusqu'au 7 juillet, sauf si on fait appel à un organe qui propose des stages, mais ce n'est pas simple d'en trouver prêt à accueillir 437 élèves. Et ce n'est pas obligatoire."

Le directeur de NESPA ajoute que ses élèves ont moins de jours blancs que dans d'autres écoles. "Nous n'organisons pas d'examens en décembre, ce qui réduit le nombre de jours blancs. Et nous avons moins de journées pédagogiques car nous faisons cela pendant l'été. Les professeurs reprennent le chemin de l'école le 23 août 2023."

La rentrée scolaire, elle, se fera le 30 août pour les premières années secondaires, "pour leur offrir un accueil particulier", tandis que les autres années rentreront un ou deux jours plus tard.

Peut-on utiliser ses demi-jours d'absence injustifiée pour partir en vacances ?

Les derniers jours d'école sont parfois pris avec légèreté par certains enfants et leurs parents. Réserver des vacances durant ces jours-là peut permettre une économie bien tentante. Mieux vaut s'abstenir, cependant. Il est vrai qu'on autorise les élèves à prendre 9,5 demi-jours d'absence injustifiée (c'est-à-dire non couverts par un certificat médical, une convocation officielle ou en raison du décès d'un proche). Toutefois, "toute absence injustifiée, même en deçà de 9,5 jours, reste illégale, insiste-t-on auprès de l'Administration générale de l'Enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il n'est dès lors pas permis de partir en vacances durant les périodes scolaires."

Quant aux absences injustifiées durant l'année, elles sont collectées par les écoles. "À partir de 9,5 jours d'absence injustifiée, les absences sont signalées à l'Administration qui garde un historique de l'absentéisme des élèves durant toute la durée de leur scolarité obligatoire. Un courrier de rappel de la loi est envoyé aux responsables légaux et des aides sont également proposées. Si l'absentéisme perdure, la situation est transmise au Parquet du procureur du Roi. Celui-ci pourra alors décider d'infliger une amende pouvant aller jusqu'à 200 euros (par enfant). En cas de récidive, les amendes peuvent être doublées ou une peine d'emprisonnement d'un jour à un mois peut être prononcée."

Il ne nous reste plus, chère Natacha, qu'à vous souhaiter de bonnes vacances.

Nos lecteurs ont lu ensuite

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...