Arizona, le compte n'y est pas
" Les chiffres ne mentent pas ." Lors de sa déclaration gouvernementale prononcée devant à la Chambre en début d'année, Bart De Wever avait d'entrée de jeu attiré l'attention sur la situation budgétaire catastrophique dans laquelle se trouve notre pays. " Notre prospérité est menacée. […] Si l'on n'intervient pas, le déficit budgétaire de la Belgique sera bientôt le plus important du monde occidental. " L'ancien homme fort d'Anvers se posait alors comme celui qui allait nettoyer les comptes de la Belgique, à l'image de ce qu'il a réalisé dans sa commune.

- Publié le 21-08-2025 à 08h28
- Mis à jour le 21-08-2025 à 10h22

Le partenaire de majorité, le MR, lui aussi s'est posé comme la garant de la rigueur budgétaire. "On va gérer le pays comme des ingénieurs, pas comme des poètes ", avait martelé Georges-Louis Bouchez au lendemain du scrutin. Et de prévenir: "Toutes les décisions futures seront évaluées et adoptées sur la base d'éléments chiffrés. "
Quelques mois plus tard, les premières décisions sont tombées. Et les fameux chiffres commencent à parler. Implacables. En contradiction avec les déclarations d'intentions. Car les comptes n'y sont pas. Les études et rapports se succèdent. Dernier exemple: les calculs de la CSC concernant les élagages dans les primes récompensant le travail de nuit. Ils anticipent un trou de vingt millions d'euros dans le budget de l'État. Au minimum, il pourrait s'agir du double, prévient l'auteur qui a opté pour la prudence. Il y a six mois, Olivier Malay avait déjà attiré l'attention du gouvernement sur l'impact d'une autre mesure: la plus grande flexibilité accordée au travail étudiant et aux flexi-jobs. L'addition s'envolait ici à un milliard et demi d'euros.
Et ce n'est sans doute pas fini. Car au-delà de ces mises en garde syndicales, "forcément connotées", d'autres voyants se sont allumés. En mai dernier, la Cour des Comptes s'inquiétait "que l'estimation des effets retour (du budget) n'est pas suffisamment étayée et qu'il existe un risque très élevé que ceux-ci soient largement surévalués". Elle pointait une "incohérence méthodologique dans le calcul des effets retour " des mesures de l'Arizona.
L'économiste de la CSC va, pour sa part, un cran plus loin: la majorité "n'a pas fait les calculs". Les chiffres avancés semblent lui donner raison. De quoi remettre en question la crédibilité et les promesses des "ingénieurs" qui ont pourtant validé ces mesures cet été.
