Assassinat de la baronne Ullens: "Elle a tout capté, même la maison familiale"
La chambre du conseil confirme pour un mois le mandat d'arrêt de Nicolas Ullens, inculpé de l'assassinat de sa belle-mère Myriam Lechien.
- Publié le 03-04-2023 à 17h02
- Mis à jour le 03-04-2023 à 22h11

Les dispositions avaient été prises pour que les photographes de presse ne puissent pas prendre le moindre cliché de l'intéressé qui devait, encadré de deux policiers, prendre le couloir étroit menant à la salle d'audience. En temps ordinaire, ce couloir est séparé de la salle des pas perdus par une simple grille qui, pour la circonstance, était obstruée par un panneau opaque surmonté d'un drap.
L'audience à huis clos dura une quinzaine de minutes au cours desquelles la juge d'instruction fit rapport de l'évolution de l'enquête avant que le procureur du roi ne donne son avis et que la parole soit accordée aux avocats de Beco et Mayence qui avaient annoncé s'entretenir avec les journalistes à l'issue de l'audience.
Un entretien de courtoisie où l'un (Mayence), en français, et l'autre (de Beco), en néerlandais, exprimèrent leur souci de ne rien révéler de l'enquête ni de l'audience si ce n'est qu'il leur serait apparu indécent de demander dès à présent la libération de leur client.
"On comprend l'intérêt des journalistes, mais il ne nous appartient pas de parler au nom de Nicolas Ullens qui comparaîtra à nouveau dans un mois devant la même juridiction. Il s'impose également de respecter la victime."
Bref, circulez, il n'y a plus rien à dire.
"Il était subjugué par elle"
Heureusement, des proches acceptent d'ouvrir leur cœur pour dire et redire que, depuis des années, le détenu tentait avec ses deux frères Philippe et Yves et leur sœur Brigitte, d'éviter que la grosse fortune de leur père Guy ne parte en quenouille. Ils lancèrent d'ailleurs plusieurs procédures judiciaires qui ont toutes échoué. La dernière date d'il y a trois ans.
Ils avaient constaté que la seconde épouse de leur père prenait de plus en plus d'emprise sur ce dernier au point qu'elle faisait barrage à ses enfants, lesquels ne pouvaient plus voir leur père qui n'épousait pas la thèse qu'ils défendaient. C'est ce qui explique l'échec de ces procédures. Pour reprendre l'expression d'un proche de Nicolas, "il était subjugué par elle."
Aussi grave aux yeux des quatre enfants était la crainte de ne plus rien espérer de la fortune qui, au temps de la splendeur du groupe à la tête duquel Guy Ullens s'était trouvé, dépassait, semble-t-il, le milliard d'euros.
Il y a quelques mois, Nicolas avait confié à un proche "On n'aura plus rien ". "Il semblait résigné", ajoute cet ami qui est allé plus loin ce week-end dans ses confidences: "Elle a tout capté, y compris la maison familiale".
