Fin des repas chauds gratuits pour les élèves : un enseignant entame une grève de la faim à Saint-Gilles contre la réforme de l'enseignement

Michel Barile, enseignant à l'Institut des filles de Marie à Saint-Gilles, a entamé ce mercredi 7 octobre une grève de la faim de trois jours pour dénoncer la fin des repas chauds gratuits dans le fondamental.

Jérémy Zysberg
Un prof bruxellois qui entame une grève de la faim contre les réformes Glatigny dans l'enseignement
©Bernard Demoulin

Un enseignant de l'Institut des filles de Marie, à Saint-Gilles, a entamé ce mercredi 7 octobre 2026 une grève de la faim de trois jours au sein de l'école pour protester contre les réformes menées dans l'enseignement et, plus particulièrement, contre la fin des repas chauds gratuits pour les élèves du fondamental. Michel Barile restera en grève jusqu'à vendredi 9 octobre à 15 h 30.

Fin de la gratuité des repas scolaires: une chute de 68% de l'accès aux repas chauds

Cette action lance une semaine de mobilisation organisée au sein de l'établissement, du 12 au 16 octobre. "Quand on touche au ventre des enfants, on atteint au cœur de l'ensemble du personnel", estime l'enseignant, qui dit ne pas s'attendre à ce que sa grève de la faim fasse changer la politique du gouvernement.

Plus que 50 élèves au repas chaud

À l'Institut des filles de Marie, le financement consacré aux repas scolaires est passé de 85.000 à 30.000 euros par an, selon l'intersyndicale de l'école. Cette baisse ne permet plus de maintenir le dispositif de repas chauds gratuits. Sur les 273 élèves du fondamental, une cinquantaine bénéficient aujourd'hui encore d'un repas chaud payant, financé par leurs parents. Le prix est de 4,50 euros.

"On fait face à des élèves qui n'ont pas l'argent en secondaire pour s'acheter un sandwich le midi. On essaie d'aider, ici, à l'école", explique Michel Barile. L'établissement mène également un travail d'éducation auprès des parents afin de favoriser des boîtes à tartines équilibrées et de limiter la malbouffe.

Pour l'enseignant, cette situation s'inscrit dans un mouvement plus large. Il dénonce notamment la réduction du financement des repas chauds et des fournitures scolaires ainsi que l'augmentation du minerval. "Toutes les mesures prises portent atteinte à l'enseignement", estime-t-il, dénonçant un projet qu'il juge "élitiste" de la part du MR et des Engagés.

"D'un coup, le gouvernement coupe tout et on doit tout jeter à l'eau"

La direction de l'école soutient l'action de son enseignant. "On construit un projet depuis des années au niveau des repas et, d'un coup, le gouvernement coupe tout et on doit tout jeter à l'eau", déplore Dizant Johann, directeur des secondaires. Selon lui, ces repas ne servent pas uniquement à nourrir les élèves mais constituent également "une éducation sur la nourriture". "C'était plus facile de ne pas organiser de repas mais on n'est pas là pour que ça soit simple ; on est là pour soutenir les familles et les élèves", ajoute-t-il.

La grève de la faim sera suivie d'autres actions. Du 12 au 16 octobre, des membres du personnel se relaieront pour renoncer symboliquement à leur repas de midi. Le 13 octobre, des professeurs et des élèves de sixième secondaire organiseront également un repas chaud pour les enfants. Au menu : penne, sauce tomate et viande hachée, présenté comme le repas le plus apprécié des élèves. Une quarantaine de personnes participera à son organisation et certains parents ont proposé de contribuer à son financement.

"Je n'ai demandé à personne de suivre cette grève de la faim. On est là pour lancer notre semaine du repas chaud", précise Michel Barile. Il ne donnera pas cours durant les trois jours de son action et restera volontairement dans l'établissement. Un médecin doit venir quotidiennement afin de suivre son état de santé.

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