Un piquet de blocage installé par des étudiants sur le campus du Solbosch à l'ULB pour dénoncer l'austérité dans l'enseignement

Le collectif Gen-Z contre-attaque a lancé un piquet de blocage au Solbosch jeudi 22 octobre 2026 au matin pour dénoncer la hausse du minerval et les mesures d'austérité dans l'enseignement.

Belga

Le campus du Solbosch de l'Université libre de Bruxelles (ULB) est bloqué partiellement depuis 6h00 jeudi matin à l'appel du collectif "Gen-Z contre-attaque", qui rassemble des étudiants, des cercles étudiants, des chercheurs, des enseignants et des membres du personnel de l'ULB. L'accès au campus est possible pour les étudiants mais certains bâtiments sont bloqués.

L'ambiance sur le piquet de blocage était chaleureuse, avec du café distribué et un feu pour réchauffer les participants. Les étudiants et étudiantes qui arrivaient sur le campus étaient invités à rejoindre le mouvement. Des jeux, concerts et "cours populaires", donnés directement sur le piquet, sont au programme jeudi.

Ce mouvement s'inscrit plus largement dans la contestation étudiante européenne, qui prend de l'ampleur en France, en Italie et dans d'autres pays européens.

"On avait démarré le mouvement l'année passée mais cet élan de contestation dans toute l'Europe nous donne de l'élan", a salué Valentin, membre du collectif "Gen-Z contre-attaque".

Le collectif vise particulièrement la hausse du minerval, qui est passé cette année de 835 à 1.194 euros (+ 43 %). Une mesure qui touche 58 % des étudiants du supérieur, selon les données de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le collectif dénonce également la réforme du décret Paysage. Il fustige aussi le définancement de l'enseignement inférieur, la hausse du coût des transports (en particulier à Letec) et la répression des mobilisations et les interventions policières auxquelles se heurtent les jeunes qui font entendre leurs revendications.

"Tout cela à côté d'une augmentation des budgets militaires", a martelé Valentin. "Ils nous préparent un avenir dont on ne veut pas. On a une autre vision de société. On pense que c'est via les services publics et la solidarité que l'on construit une société", a-t-il ajouté.

L'organisation avait demandé, en vain, à ce que l'ULB annule les cours ce jeudi. Le collectif avait également réclamé à l'université bruxelloise de mettre fin à la sous-traitance, notamment pour le nettoyage.

Sur le piquet, une action visuelle invitait les étudiants à lancer des fléchettes sur des cibles à l'effigie de la ministre de l'Enseignement Valérie Glatigny, du président du MR Georges-Louis Bouchez et de la ministre de l'Enseignement supérieur Élisabeth Degryse, accompagnées d'explications sur les mesures contestées.

"On proteste contre toutes les mesures d'austérité des gouvernements MR-Engagés", a déclaré Valentin, soulignant que ces deux partis gouvernent ensemble à plusieurs niveaux de pouvoir. "Ils se cachent derrière le fait qu'il y a plusieurs gouvernements pour dire que cela n'a pas de sens", a-t-il dénoncé.

Le collectif ne sent pas écouté par la classe politique. "On voit bien qu'il n'y a que la contestation qui marche", a expliqué Valentin. "En 2014, c'est comme cela que l'on a obtenu le gel du minerval. On va continuer. On nous dit que nous sommes des casseurs mais ce sont eux qui cassent l'enseignement."

Enfin, le collectif réitère sa volonté d'accueillir les treize étudiants et chercheurs gazaouis, attendus par les universités belges. Ceux-ci sont toujours coincés à Gaza, faute d'accord au niveau fédéral.

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