La demande de permis unique est déposée pour l'écoquartier de 120 logements à Amay: "A priori, les densités ne sont pas compatibles"
L'écoquartier "Val des sources" ressurgit sur les hauteurs d'Amay avec une demande de permis unique. Des modifications apparaissent par rapport à ce qui avait été présenté en 2024. On reste sur 120 logements, mais répartis dans 35 maisons et 8 immeubles pour des appartements et des commerces. Soit une densité largement supérieure à celle prévue dans le nouveau Schéma de développement communal, qui vient d'être avalisé.

- Publié le 03-09-2026 à 18h30

Début 2024, l'annonce d'un méga-projet immobilier par le promoteur bruxellois Next Day Sustainable Three avait bousculé la sérénité sur les hauteurs d'Amay. Il visait la création d'un écoquartier de l'ordre de 120 logements (42 maisons et 78 appartements) avec une crèche et des espaces de coworking sur un terrain de 8,5 ha au bout des rues de la Digue et du Chêneux dans le quartier la Pâche. Il avait alors déjà suscité un sentiment négatif unanime lors de débats au conseil communal. Et pas moins de 300 citoyens présents, le 7 mars 2024, à la réunion d'information préalable à l'étude d'incidences environnementales s'y étaient clairement montrés défavorables. Les choses étaient depuis restées sans suite, sans qu'aucune demande de permis unique ne soit déposée.
35 maisons et 8 immeubles à appartements
Le projet nommé "Val des sources" s'apprête visiblement à ressurgir. Il nous revient qu'une demande de permis est parvenue à la Commune d'Amay, fin 2025, avant d'être transmise au fonctionnaire délégué de la Région wallonne. Ce qui confirme l'intention du promoteur de concrétiser son projet sur ce terrain en zone d'habitat au Plan de secteur et qui est pour l'instant toujours propriété de la Société wallonne du logement (SWL). Avec en toile de fond pour justifier son ambition, le besoin en Wallonie de logements à prix abordables.
On peut parler d'une nouvelle mouture par rapport à ce qui avait été présenté en 2024, même si on reste sur 120 logements au total. Ainsi, on parle désormais de 35 maisons unifamiliales et 8 immeubles à appartements comprenant également des espaces pour des services de proximité, du commerce et des locaux destinés à des professions libérales. À quoi vient s'ajouter, en nouveauté, la création d'un module de classe verte pour les écoles au milieu du bois du Chêneux. Par contre, il n'est plus question de crèche, d'espaces de coworking, et sur le plan technique, de géothermie.
La densité au centre du débat
C'était déjà le cas en 2024, mais nul doute que la question de la densité se retrouvera au centre du débat avec aussi les risques d'inondation en aval dans le village d'Ampsin puisque le terrain est entouré d'axes de ruissellement. "Et a priori, les densités ne sont pas compatibles", observe le bourgmestre Samuel Moiny qui confirme le dépôt de permis unique.
Avec 120 logements, l'étude d'incidences environnementales annonce une densité nette de 48 logements à l'hectare. Ce qui était déjà largement supérieur à la densité de maximum 15 logements par hectare que préconisait l'ancien Schéma de développement communal (SDC). Chose que le nouveau collège en place depuis décembre 2024 (PS et Les Engagés) n'a pas manqué de rappeler au promoteur lors d'un entretien.
Maximum deux logements par hectare avec le nouveau SDC
Or, et la Commune a reçu l'information de son acceptation par la Région wallonne ce mercredi 2 septembre, le nouveau Schéma de développement communal après révision vient encore "serrer la vis" avec une limite maximale de deux logements par hectare sur ce terrain requalifié en zone d'intérêt paysager ! "Cet outil de planification urbanistique nous permet de mieux clarifier la densité à l'hectare. Le promoteur s'est en fait engouffré dans le Schéma de développement territorial (SDT) que la Wallonie a adopté pour l'ensemble de son territoire en définissant des zones de centralité. Et il se fait que sur cette carte du SDT, le terrain visé par le projet se situe parmi ces zones qui pourraient être densifiées. Maintenant, elles ne doivent être d'application qu'à partir de 2030 pour les Communes n'ayant pas de SDC." Ce qui ne sera donc pas le cas de celle d'Amay avec la confirmation reçue ce mercredi.
De quoi déjà tuer dans l'œuf le projet "Val des sources" ? On pourrait l'affirmer à coup sûr si la Commune était compétente dans ce dossier. Mais, il apparaît pour l'instant que ce n'est pas le cas, le fonctionnaire délégué de la Région wallonne estimant avoir la main (voir ci-contre). Sans préjuger de la décision qu'il prendrait évidemment.
Plusieurs zones de flou
La demande de permis pour le projet "Val des sources" s'entoure de beaucoup de zones de flou. À commencer par l'identité de l'autorité qui sera compétente pour décider de sa délivrance ou non au promoteur. "Le fonctionnaire délégué estime que cela relève de sa compétence et que la Commune n'aurait alors qu'un rôle d'avis. Mais, de ce qu'on sait du projet, je ne vois pas en quoi la Commune ne pourrait pas être compétente", estime ainsi le bourgmestre, Samuel Moiny.
À ce sujet, l'ajout d'un module de classe verte pour les écoles au cœur du bois du Chêneux est interprété par certains observateurs comme une manœuvre pour légalement rediriger la décision d'octroi du permis entre les mains du fonctionnaire délégué.
Aussi, il semble par ailleurs que l'administration amaytoise soit en attente de clarification face aux informations contradictoires lui revenant de la Région wallonne quant à la recevabilité du dossier. De quoi peut-être expliquer qu'aucun affichage ne soit apparu sur site à ce jour alors que le permis a été introduit fin 2025 ? Toujours est-il que le spectre du projet "Val des sources" plane à nouveau sur les hauteurs d'Amay.
