Un citoyen insulte le bourgmestre et les échevins lors de la séance du conseil communal à Clavier: "On a atteint des limites insupportables" (vidéo)
Le quart d'heure, réservé aux questions des citoyens, a dérapé ce jeudi soir à Clavier. L'un d'entre eux, a insulté les membres du collège communal. Le bourgmestre est allé déposer plainte.
- Publié le 28-08-2026 à 15h12

Le temps était à l'orage ce jeudi soir à Clavier. Au propre comme au figuré. Si les éclairs lézardant le ciel ont été visibles à travers les fenêtres de l'administration communale en fin de séance du conseil communal, c'est dès l'ouverture de la réunion qu'il y a eu de l'électricité dans l'air.
Comme le prévoit le Code de la démocratie locale, des citoyens sont venus interpeller le collège communal. Ils étaient une soixantaine à s'être réunis dès 19 h 30 et à avoir tendu une bâche à l'extérieur pour rappeler l'objet de leurs courroux, à savoir les dossiers de construction de deux poulaillers à Pailhe (39 600 poulets) et à Atrin (25 000 poulets). Pour rappel, ces projets suscitent une vive contestation depuis des mois dans la commune condrusienne, et les deux éleveurs ont été invités à revoir leurs projets dans l'optique d'éventuellement obtenir un permis d'urbanisme.
Soixante opposants
À de nombreuses reprises, ces derniers mois, les opposants sont venus interroger le bourgmestre et les échevins sur l'état d'avancement des dossiers, et sur leurs intentions. Mais les contestataires n'avaient jamais été aussi nombreux que ce jeudi.
Si le traditionnel quart d'heure réservé à l'interpellation a commencé sur un ton courtois, il a rapidement dérapé. Après que le bourgmestre eut répondu à deux reprises qu'il devait vérifier des éléments et ne pouvait apporter une réponse immédiate, un citoyen s'est emporté. Excédé par le fait qu'une erreur de date a été commise dans l'affichage de la nouvelle enquête publique concernant le projet d'Atrin ? Peut-être. Furieux à cause des nuisances qu'il dit subir en provenance d'un élevage de veaux proche de son habitation ? Probablement. Toujours est-il que ce citoyen a insulté copieusement les élus, après s'être rapproché du bourgmestre, en déposant sur la table et en venant rechercher par la suite plusieurs boîtes de médicaments. Dans la foulée, le président de la séance, Pierre Velden, a prié l'homme excédé de quitter la salle, et a mis fin aux interpellations citoyennes, au grand dam d'une riveraine qui avait une ultime question à poser. "Nous tenons à nous désolidariser de cet incident", a conclu une des chevilles ouvrières du mouvement de contestation.
"J'aurais dû avoir peur"
Ce regrettable incident laissera-t-il des traces à Clavier ? Il s'inscrit en tout cas dans la lignée des résultats d'une enquête réalisée par l'Union des Villes et Communes en 2023, où les élus étaient nombreux à dénoncer les violences verbales et physiques auxquelles ils devaient faire face.
"Sur le moment, non, je n'ai pas eu peur, avoue le bourgmestre, Damien Wathelet (IC). Mais avec le recul, je pense que j'aurais dû avoir peur, Ce qui s'est passé est tout à fait inadmissible. Nous souhaitons maintenir ce quart d'heure réservé aux citoyens mais nous avons atteint des limites insupportables." Le 1er échevin chargé de l'Urbanisme, Philippe Dubois, ajoute: "Nous avons été au bord de la violence physique, ce type d'agression verbale n'a pas sa place au conseil communal. À Clavier, nous n'avons jamais demandé aux citoyens d'envoyer leurs questions par écrit en amont du conseil. Ce qui est arrivé m'inquiète."
Deux membres de l'opposition, témoins de la scène, ont, eux, une lecture différente. "Entendre que le bourgmestre n'a pas de réponse aux questions posées est difficile à accepter pour le public.Se tromper dans les dates d'une enquête publique, c'est regrettable", jugent Agnès Paris et Christian Giet.
Encadrée par la police ?
La prochaine séance du conseil communal de Clavier est prévue le 24 septembre. Avec une présence policière, comme l'ont suggéré les deux plus jeunes conseillers de la majorité, manifestement choqués par la scène ? "Je n'exclus rien, nous allons analyser froidement la situation, conclut le bourgmestre. Je vais aller déposer plainte à la police". Ce qu'il a fait ce vendredi après-midi.
