Notre dossier|"On pourrait envisager le tir létal", avance Anne-Catherine Dalcq, ministre de la Nature, à propos des loups dits "problématiques"
Le nouveau Plan Loup, encadrant la présence de ce canidé en Wallonie, est prévu d'ici la fin de l'année 2026. Anne-Catherine Dalcq (MR), ministre notamment en charge de l'agriculture et de la nature, en dévoile les contours.

- Publié le 20-10-2026 à 20h00

Anne-Catherine Dalcq, quand est-ce que le nouveau Plan Loup sera dévoilé et quels seront ses axes principaux ?
Le passage du nouveau Plan Loup au gouvernement aura lieu d'ici la fin de l'année, pour une mise en application le plus tôt possible. Il s'articulera autour de quatre axes : les moyens de protection, comme les clôtures et les chiens de troupeau, la question des indemnisations, qui doivent aller encore plus vite, le tir non létal, on travaille déjà aujourd'hui à sa mise en œuvre, et le tir létal également. Là, concernant ce dernier, il y a vraiment une procédure de mise en œuvre qui doit être bien cadrée.
Cela signifie-t-il que le loup n'aurait plus le statut d'espèce strictement protégée, et qu'on pourrait abattre des individus ?
Alors non, pour rappel, le loup, aujourd'hui, a un statut protégé au niveau du droit européen, mais il existe quand même une procédure que je veux mettre en œuvre en Wallonie : si un loup a un comportement problématique, c'est-à-dire qu'il attaque de façon répétée des élevages, alors là on pourrait envisager le tir létal. Comme je le disais, c'est une procédure qui doit être bien cadrée. On va regarder ce qui se fait dans les autres pays européens, notamment pour savoir à partir de combien d'attaques on considère qu'un loup est problématique pour qu'un tir létal doive être réalisé.
La réglementation européenne à propos des tirs létaux demande, entre autres, à prouver une protection suffisante des troupeaux. En Wallonie, on est en capacité de protéger l'ensemble des troupeaux d'ovins, donc, si sur un troupeau qui est correctement protégé, il y a toujours des attaques, là il peut y avoir un prélèvement. Pour ce qui est des vaches, on a pu démontrer qu'on ne pouvait pas protéger l'ensemble des bovins sur le territoire wallon. Ce serait un coût beaucoup trop élevé. Par rapport à ce secteur-là, on pourrait donc envisager plus rapidement passer du tir non létal et au tir létal.
La présence du loup ajoute une charge de travail conséquente pour les agents du DNF et Natagriwal, l'ASBL en charge d'accompagner et de conseiller les éleveurs impactés par les attaques du loup…
La réforme prévue du DNF permettra d'assurer à bien toutes ses missions. Il est clair que les services de terrain sont ceux qui ont connu le moins d'engagements durant la législature précédente. Moi par contre, je mets la priorité sur des engagements au sein de ce service.
Pour ce qui est de Natagriwal, il y a pour le moment un équivalent temps plein qui travaille sur le Plan Loup et sur les moyens de protection. À l'avenir, il y a davantage d'agents qui pourraient avoir cette mission.
En parlant de travail, la charge administrative imputée aux éleveurs souhaitant recevoir des indemnités suite aux attaques de loup en décourage plus d'un. Le nouveau Plan Loup a-t-il prévu des améliorations à ce propos ?
Le but bien sûr, c'est d'avoir une procédure simple dès le départ. On planche aussi sur la fin du "tout à l'ADN" pour déterminer la nature de l'attaque. Cela reste une disposition importante, mais on veut aussi prendre en compte le patron de l'attaque, c'est-à-dire, la façon dont elle s'est déroulée.
Une autre chose qui est très importante concerne le temps pour réaliser les indemnisations. Il a déjà fortement diminué sur les quatre dernières années, c'était une de mes priorités, et on aimerait encore le diminuer. Normalement on est passé en dessous d'un an, mais j'entends qu'il y a des dysfonctionnements, et ces dysfonctionnements, on doit aussi y travailler. Ces indemnisations concernent déjà les pertes directes, mais l'une des nouveautés du prochain plan est d'y ajouter les pertes indirectes. Par exemple, les attaques génèrent énormément de stress chez les animaux, ce qui peut causer une baisse de production laitière.
Une autre nouveauté concerne l'aide à l'achat et l'entretien des chiens de troupeau…
En effet, il y a un subside qui sera proposé pour l'achat de chiots. On est sur un montant de l'ordre de 370 € pour le moment. On va aussi voir pour prendre en compte l'entretien de ces animaux, donc notamment le prix des croquettes, puisque ce sont des chiens qui mangent beaucoup.
>> Le cabinet de la ministre indique également que deux réunions pour les éleveurs impactés par les attaques de loup auront lieu à Jalhay et à Verviers d'ici la fin du mois d'octobre. Une séance d'information à destination du grand public est également prévue. Les dates ne sont pas encore connues.
