Quand la cueillette des champignons vire à l'excès à Jalhay : "Des fois, ils sont une dizaine, ils se mettent tous en ligne et ratissent les bois"
Véritable tradition en Pologne, la cueillette de champignons attire de nombreux passionnés dans les forêts des hautes Ardennes. Mais entre récoltes abondantes, réglementation et préservation du monde fongique, cette pratique soulève quelques questions.
- Publié le 22-10-2026 à 14h54

Cueillir les champignons est une activité très en vogue en automne dans les forêts du haut plateau des Ardennes belges. Mais il n'y a pas qu'en Belgique que cette pratique a du succès. En Pologne, par exemple, elle porte même un nom : grzybobranie. Une tradition si profondément ancrée dans la culture du pays qu'elle a même inspiré un célèbre jeu de société pour enfants du même nom. Le principe est simple : parcourir le plateau de jeu tout en ramassant un maximum de champignons. Il n'est donc pas rare de voir des Polonais parcourir les forêts des Cantons de l'Est à la recherche de fongus.
Emeline Remy, habitante de Jalhay et passionnée de cueillette, a déjà été surprise par la manière de faire de certains d'entre eux : "Des fois, ils sont une dizaine, parfois deux ou trois, ils se mettent tous en ligne et ratissent les bois. Ce ne sont pas des petits cueilleurs avec de petits paniers ; ils viennent avec de gros sacs de courses", explique la Jalhaytoise.
Les récoltes soumises à des réglementations : une amende de minimum 150€
Si la cueillette des champignons est une activité appréciée, elle ne se pratique pas pour autant sans règles. "La réglementation, c'est un panier de dix litres par personne et par jour. Puis, idéalement, chacun devrait disposer d'une autorisation du propriétaire de la forêt, mais, dans les faits, c'est rarement le cas", précise Michael Pankert, agent du DNF à la direction Malmedy/Bullange. La saison des champignons coïncidant avec la période de chasse, il est également recommandé de cueillir le long des chemins pour limiter tout risque d'accident.
Alors, même si des règles sont fixées afin de permettre de prévenir les débordements ou la cueillette abusive, il n'est pas rare de retrouver des cueilleurs en infraction. "Quand on voit une voiture avec trois personnes et au total 50 à 60 litres de champignons, on a déjà dû donner des PV", continue Michael Pankert. À noter que l'amende, en cas de non-respect des quotas, s'élève à un minimum de 150 €, à laquelle peuvent s'ajouter d'autres infractions, comme une voiture mal garée aux abords des forêts, etc.
Un impact sur la biodiversité
Une récolte excessive peut évidemment avoir un impact sur la biodiversité. Comme le rappelle Michael Pankert : "Les champignons, c'est de la nourriture pour d'autres animaux, des insectes, des limaces, etc. Donc, prélever abusivement des champignons, c'est de la nourriture perdue pour les animaux."

