Larmes, ballet de drones et clins d'œil à l'histoire: plongée dans le dernier tango de Lionel Messi
Lionel Messi a quitté l'équipe d'Argentine par un 126e but, évidemment, les yeux humides, forcément tout en faisant marquer un fidèle lieutenant et l'un de ses potentiels héritiers.
- Publié le 07-10-2026 à 15h34

Ses yeux ont commencé à être humides dès le trajet vers le Monumental. 85 000 billets y avaient été vendus et certains revendus cinq fois leur prix, 100 000 personnes ont été décomptés mais il y aurait pu y avoir un million d'Argentins vu les demandes pour assister au dernier tango de Lionel Messi avec l'Albiceleste face au Bénin (3-0).
L'idole n'a pas cherché à masquer ses émotions, un combat perdu d'avance, face à l'hommage rendu, proportionnel à l'impact qui a été le sien dans toute la société argentine.
L'histoire de sa première sélection qui n'avait duré que 47 secondes est connue mais rappeler qu'à l'époque ses partenaires sur le terrain s'appelaient Juan Pablo Sorin, Roberto Ayala et Hernan Crespo, son sélectionneur José Pekerman, que les réseaux sociaux n'existaient pas est toujours utile pour se souvenir qu'il s'agissait vraiment d'une autre époque.
21 ans plus tard, un immense tifo a accompagné son entrée dessinant dans les tribunes son mythique maillot barré du numéro 10 et le mot gracias, quand lui est arrivé sur la pelouse accompagné par ses fils Thiago, Mateo et Ciro, recevant de nombreux cadeaux du capitaine béninois pour lui et son épouse, Antonella.

Passé l'émotion d'une hymne en version longue chantée par Fabio Santana qui a fait fondre en larmes son sélectionneur mais pas lui qui resté silencieux comme pour mieux en profiter, le match a commencé. S'arrêtant après 10 minutes, forcément, le temps d'un premier hommage.
Dans une équipe qui ne comptait à l'exception du latéral Giay que des champions du monde 2022, tout a tourné une dernière fois autour de Messi qui a tenté sa chance à trois reprises en première période. Sans faire la différence. Avant une seconde période marquée par deux clins d'œil de l'histoire sur sa 66e et 67e passes décisives. La première pour faire marquer un fidèle parmi les fidèles, Nicolas Otamendi, 107 sélections communes sur corner. La seconde pour servir Nico Paz, le talentueux milieu de Côme présenté comme l'un de ses héritiers qui portait ce numéro 19 que Messi arborait lors de ses débuts. Et la soirée ne pouvait que se conclure sur le 126e et ultime but, sur penalty, de l'icône avant le temps des discours.

Je parle plus que je n'ai jamais parlé parce que je ne veux pas que ça se finisse.
Celui de Messi a été écrit au surlendemain de la finale perdue contre l'Espagne.
"Je suis traversé par tellement d'émotions. Je pense d'abord à mon papa, a lancé l'homme aux 208 sélections, s'ouvrant comme rarement durant une dizaine de minutes. Je parle plus que je n'ai jamais parlé parce que je ne veux pas que ça se finisse. Je suis heureux d'avoir pu accomplir le rêve de tout un pays : être champion du monde. On a failli le refaire en 2026 mais on avait perdu trop d'énergie en demi-finales contre l'Angleterre. c'est le jour le plus triste de ma carrière. Vous allez me manquer. Défendre les couleurs de la sélection va me manquer. Mais désormais, je serai du même côté que vous." Le tout avant un ballet de drones qui a dessiné plusieurs tableaux dans la nuit de Buenos Aires pour dire définitivement au revoir à celui qui est sous contrat avec l'Inter Miami jusqu'en 2028 et qui restera "capitan eterno".