Comment le Standard finance-t-il son rachat face à OH Louvain qui apprend à vivre sans King Power : OHL-Standard c'est aussi le match des investisseurs
OH Louvain – Standard de ce samedi sera l'opposition entre deux clubs en quête de nouveaux propriétaires. Avec une approche différente.

- Publié le 27-08-2026 à 09h01

À vendre. Il y a un peu plus d'un an, à l'approche de l'été 2025, le Standard était officiellement mis en vente par A-CAP, avec Giacomo Angelini en intermédiaire pour trouver l'heureux élu. La situation n'a guère évolué, depuis, le nouvel investisseur se fait toujours attendre.
Le Standard n'est pas le seul club belge en vente ou qui a changé de propriétaire. Dernièrement, l'Antwerp a changé de mains, Wouter Vandenhaute reprenant le Great Old à Paul Gheysens, avec un consortium composé notamment de Toby Alderweireld.
Il y a deux semaines, The Athletic a fait savoir que King Power, le propriétaire de Leicester et OH Louvain, cherchait aussi à vendre ses actifs. Le processus n'en est qu'à ses débuts mais un changement, là aussi, est possiblement dans l'air. Et ces clubs ne sont pas les seuls dans le cas, d'autres mouvements sont toujours possibles dans un milieu toujours plus instable.
Samedi soir, à Den Dreef, ce sera donc aussi l'opposition de deux clubs "en vente" qui aura lieu. Avec des stratégies différentes.
Comment le Standard finance son rachat en attendant les investisseurs
La saison qui s'ouvre pour le Standard est la deuxième de sa nouvelle vie, officiellement sans les Américains. A-CAP a vendu ses actions à la holding SDL, créée et gérée par Giacomo Angelini, le CEO du club. La recherche d'un nouvel investisseur pour financer le rachat de ces actions, estimé à 50 millions €, est en cours depuis un peu plus d'un an maintenant.
Un candidat est, dit-on, intéressé, et cela fait des mois que cela dure. Mais le potentiel acheteur n'a pas encore souhaité activer son go pour aller plus loin dans le processus et entrer dans une négociation exclusive. Or, le délai de paiement de la première tranche avait été atteint en juillet. Pas de panique, souffle-t-on à Sclessin, le paiement a été réglé à la mi-juin, comme une manière de montrer que la situation est sous contrôle.
La question qui taraude alors le supporter le plus attentif des coulisses de son club est : mais qui a payé cette première tranche s'il n'y a pas d'actionnaire, ou d'investisseurs, à la tête du club ?
Réduire la perte à 6 millions € au 30 juin 2027, le nouvel objectif
C'est le Standard lui-même qui a payé la première tranche, estimée à quelques millions €, un montant qu'il faudra encore verser lors des deux prochaines échéances, en juillet 2027 puis juillet 2028. Les montants seront plus conséquents à partir de 2029 – le rachat est étalé sur dix ans – mais l'espoir d'avoir un nouvel actionnaire à la barre devra être rencontré avant ça, notamment pour l'octroi de la licence.
L'autre question qui taraude, ou inquiète, le supporter est la suivante : cette avance faite par le Standard met-elle en péril son fonctionnement ? Non, rassure-t-on en interne. D'une part parce que le montant n'est pas important ; d'autre part parce que des économies ont été faites, depuis un peu plus d'un an, pour réduire les pertes et les faire passer de 25 millions € à 9 millions €, en deux ans.

Il y eut un dernier coup de pouce d'A-CAP au moment de sa sortie, sous la forme d'une augmentation de capital, aussi. Mais d'autres économies ont été menées pour réduire le train de vie, des actions ont été entreprises pour mieux bénéficier du sponsoring et la valeur des joueurs, puis leurs ventes, doivent surtout rapporter.
Un mercato qui doit rapporter et une masse salariale diminuée
La vente de Rafiki Saïd à Wolverhampton, pour 9 millions € (10 avec certains bonus), est ainsi une victoire pour les dirigeants, qui répètent à qui veut l'entendre qu'ils ne bradent plus leurs joueurs. René Mitongo a été vendu pour 3 millions € à Trabzonspor et Dennis Ayensa devrait rejoindre Gençlerbirligi contre un petit million.
Cet été, le mercato sortant a rapporté près de 14 millions €, en incorporant la prochaine vente d'Ayensa. Le Standard a acheté pour la moitié, étant dans les clous promis par Angelini… il y a un an, mais pas tout à fait rencontrés la saison passée puisque la balance était tout juste à l'équilibre.
Si elle doit toujours maîtriser ses coûts, avec notamment une diminution de la masse salariale des joueurs, estimée entre 12 et 15 millions € (hors staffs donc), la direction reste à la recherche d'argent frais, sous la forme de transferts, donc, ou grâce à un nouvel investisseur.
Officiellement, Giacomo Angelini ne veut pas se passer d'un investisseur
En attendant, le club fait l'avance, qu'il devrait logiquement récupérer. Et l'ambition est d'arriver à une perte équivalente à 6 millions € au 30 juin 2027. Une ligne de crédit, d'une valeur de 20 millions €, a également été mise à disposition par A-CAP, c'est utile à préciser. Le montant devra être remboursé, avec les actions. Quand, par qui et à hauteur de combien ? La question reste ouverte.
Dans le montage de l'opération, Angelini avait prévu l'absence éventuelle d'actionnaire au bout d'un an, même si ce n'était pas son souhait de départ. Il semble que ce n'est toujours pas son souhait, officiellement, écartant l'idée qu'il puisse rester plus longtemps aux commandes, sans apport extérieur majoritaire.
Comment OH Louvain apprend à vivre sans King Power
C'est une petite annonce qui a eu l'effet d'une petite bombe, à la mi-août. Le média The Athletic avait publié quelques passages de la brochure éditée par King Power, le propriétaire thaïlandais de Leicester et d'OH Louvain, à l'attention d'investisseurs intéressés par le rachat de ses clubs.
Il était question d'un package et d'un prix estimé entre 170 et 260 millions €. Le club louvaniste n'a pas réagi officiellement à cette annonce. En interne, tout a été fait pour préserver une certaine quiétude, en rappelant au passage que King Power n'a plus investi dans le club brabançon depuis deux ans, sauf pour réaliser des augmentations de capital afin de réduire certaines dettes dans le cadre du dossier de la licence.

La nouvelle direction, avec à sa tête Frédéric Van den Steen, CEO depuis mai 2024, a ainsi limité les dépenses, avec pour mission de réduire une perte qui avait atteint un niveau record en 2023, avec près de 19 millions € de perte. Au dernier bilan comptable, arrêté au 30 juin 2025, la perte était de 6,5 millions €.
Une vente record et des achats à bas prix pour réduire les pertes, sans apport extérieur
Des économies ont été faites, même si, de manière étonnante, des engagements de personnel ont été réalisés. Mais le plus gros effort a dû être fait sur le plan des transferts. Ces deux dernières saisons, Louvain a dépensé 9,15 millions € en transferts entrants, mais il a vendu pour l'équivalent de près de 30 millions € dont la moitié pour le seul Ezechiel Banzuzi, parti à Leipzig pour 16 millions l'été passé.
Lors de ce mercato estival, la balance des transferts est négative (- 500 000 €), mais le club espère finaliser deux ventes avant la clôture : le défenseur central suisse Roggerio Nyakossi et le gardien belge Tobe Leysen.

Un autre axe de travail de la direction, pour réduire les coûts, a été de revoir la grille salariale du noyau, avec, pour les nouveaux, des salaires plus bas mais des primes à la performance. Ce n'est pas une nouveauté, d'autres clubs ont recours à ce genre de mécanismes, mais il faudra que cela se traduise sur le terrain.
Des nouveaux salaires liés à la performance
Habitué à finir entre la 10e et la 12e place (en phase classique) depuis son retour en D1A, OHL a pu être, par moments, dans une situation sportive critique avant de rebondir. Sans victoire après deux matchs cette saison, il ne pourra pas trop traîner et ne devra pas se laisser polluer par le contexte extra-sportif.
Au contraire du Standard, OH Louvain n'est pas encore vendu ou engagé concrètement dans un processus de vente. Mais son propriétaire, débarqué dans le Brabant flamand, il y a bientôt dix ans, a manifestement fait le tour du monde du foot. Leicester est son plus gros joyau, même en D3 anglaise et avec une situation financière compliquée.
Le petit joyau louvaniste vit sa vie, comme il peut, officiellement avec King Power mais concrètement sans lui, ou quasiment. Il aura toutefois besoin d'un nouveau propriétaire, même s'il tend à l'autosuffisance.