Brésil, Luc Nilis et datas, Mark Van Bommel débarque en pleine confiance à Paris : "On bat à chaque fois des records"
Les Diables rouges cherchent la revanche, l'innovation et les millions au Stade de France où ils défient les Bleus de Zinédine Zidane, même si c'est Mark van Bommel qui a parlé du Brésil.
- Publié le 05-10-2026 à 07h20
- Mis à jour le 05-10-2026 à 07h21

Mark van Bommel ne brillait pas dans l'art de la feinte comme joueur mais il en a réussi une magnifique dimanche soir au Stade de France. Sur un journaliste brésilien d'ESPN qui lui demandait si Ronaldinho avait été son équipier le plus fort. "Il est dans mon top 5 mais mon numéro 1, c'est Luc Nilis. Je ne dis pas ça parce qu'il est belge. Je le disais déjà avant d'être coach ici. Je n'ai joué qu'une saison avec lui au PSV malheureusement."
La frappe la plus pure du Royaume depuis Nilis ne sera pas là non plus lundi. Faut-il préciser qu'on parle de Kevin De Bruyne ? "Notre meilleur joueur sur ce rassemblement", ajoute le sélectionneur. Les Diables sont devant un immense défi : la France à domicile dans un stade (quasi) plein sans leur double buteur KDB, ni leur capitaine Youri Tielemans. "C'est le plus gros défi qu'on aura eu sur les quatre de cette session de Nations League."
Le 80e duel de l'histoire entre les Français et les Belges ne sera pas qu'une façon de départager deux nations à 30 victoires chacune. On sera surtout là pour voir à quel point les Diables peuvent résister au crash-test proposé par Zinédine Zidane. "On peut gagner. On aurait déjà pu le faire à Bruxelles. J'ai revu le match et on a eu la possibilité. Je ne dis pas qu'on le méritait mais on aurait pu. On est juste battu sur un éclair d'un joueur extraordinaire (NdlR : Michael Olise). L'Italie a obtenu le nul ici et on aurait au moins dû le tenir chez nous lundi passé. On n'est pas encore au top mais on est sur la route pour l'être", estime van Bommel.
Je n'aurais pas dû vous parler de ça mais compliment à mes joueurs.
Même si la Belgique a effectivement eu quelques occasions contre les Bleus au Heysel, elle a surtout passé son temps à défendre. Et parfois très bas. Le coach néerlandais n'est pas tellement d'accord avec ce constat. Il insiste sur le jeu dynamique de ses hommes depuis sa prise de fonction. En sortant les chiffres pour prouver son impression. "J'ai regardé les datas de nos trois premiers matchs et on a à chaque fois battu des records."
Van Bommel savait qu'il titillerait la curiosité de l'assemblée, même s'il a feint (encore) le contraire dans un sourire : "Je n'aurais pas dû vous parler de ça." Alors, ces records de sa philosophie énergique ? "Je parle des courses à haute intensité, des distances parcourues, des sprints au-delà d'une certaine vitesse. Combien de fois tu le fais et qui le fait. Je fais un compliment à mes joueurs : ils continuent à courir, même quand ça va moins bien."
Pas faux. Et cela entraîne une autre interrogation : n'en demande-t-il pas trop à ses joueurs dans une période internationale exceptionnellement dense (ce sera la quatrième rencontre en onze jours) ? D'autant qu'il aligne toujours les mêmes ou presque. "Les joueurs arrivent de leur club avec des systèmes différents et formes différentes. Ce n'est pas simple mais on a réussi de belles choses en deux semaines à peine. Je fais attention de ne pas surcharger pour éviter des blessures. Ce ne serait bon ni pour le club, ni pour nous."
Lundi à Paris, on verra encore une majorité de têtes habituelles. De Senne Lammens à Charles De Ketelaere, en passant par Mika Godts et Brandon Mechele. Probablement Nathan Ngoy et Timothy Castagne aussi. "Oui, certains commenceront pour la quatrième fois mais c'est que j'estime qu'ils ont l'énergie pour le faire."
Lukaku, ce n'était pas encore top, top.
Van Bommel sera quand même forcé d'imaginer de l'inédit au milieu, avec les suspensions de De Bruyne et Tielemans. À moins d'une immense surprise Mandela Keita, quatre hommes vont se battre pour intégrer le triangle : Hans Vanaken, Leandro Trossard, Romeo Lavia et Nicolas Raskin. Quelle sera la bonne formule ?
On peut résumer un peu grossièrement en deux philosophies : l'audacieuse s'il aligne Vanaken et Trossard ensemble et la prudente s'il lance conjointement Raskin et Lavia. Forcément, il a brouillé les cartes. "La place la plus habituelle de Leandro, c'est à gauche mais, à mes yeux, il a l'intelligence pour jouer dans l'axe, comme meneur de jeu. De leur côté, Romeo et Nicolas peuvent être complémentaires."
On penche pour l'option plus défensive, où Vanaken serait la victime. Mais, à dire vrai, on est surtout certain que Romelu Lukaku ne commencera pas, une fois de plus. "J'étais heureux de le voir marquer contre la Turquie mais dans le jeu, ce n'était pas encore top, top. Pareil lors de sa montée au jeu en Italie. On en a parlé. Il est conscient qu'il doit avoir du temps de jeu à Fenerbahçe et il sera alors prêt pour la fenêtre de novembre."
Big Rom était aussi sur le banc lors de la dernière victoire belge au Stade de France, en 2015 (3-4). Depuis, les Diables ont perdu six fois sur six contre le voisin. Gagner à Paris ne serait pas qu'une histoire de revanche. Derrière la rivalité, on oublie les enjeux de cette Nations League. Un succès ce lundi et les Diables ne seraient plus très loin d'un ticket en quart de finale, surtout si les Italiens ne battent pas les Turcs dans le même temps. Ce qui ajouterait 3,25 millions € au minimum sur le compte courant de la fédération et ravirait le nouveau CEO Vincent Mannaert. Et ça, ce n'est pas une feinte.
