L'aide à la coopération encore sacrifiée
La Belgique s'était engagée à verser 0,7 % du revenu national brut à la coopération. Un objectif qui s'éloigne de plus en plus, déplore le CNCD.
- Publié le 04-04-2013 à 06h00

Dans sa quête d'argent pour ajuster son budget et respecter ses engagements européens, la Belgique a une nouvelle fois choisi de puiser dans la cagnotte allouée à la coopération et au développement. Vingt-cinq millions d'euros qui viennent s'ajouter aux coupes précédentes et qui éloignent encore un peu plus la Belgique de ses engagements.
Notre pays s'était pourtant engagé à consacrer 0,7% du revenu national brut (RNB) en faveur du développement des pays pauvres. Alors que l'objectif était en voie d'être atteint en 2010 (0,64%), la crise a inversé la tendance.
Ces dernières années, les moyens ont été rabotés. Rien qu'en 2012, la baisse s'élevait à 13%. La Belgique n'a plus consacré que 0,47% du RNB, selon les chiffres publiés mardi par le Comité de l'aide au développement (CAD), l'instance de l'OCDE qui fait référence en la matière.
L'attitude de la Belgique est loin d'être un cas isolé. La grande majorité des pays développés ont coupé dans les budgets de l'aide en raison du contexte de crise économique. Dans la zone OCDE, les montants ont reculé en moyenne de 4% en valeur réelle en 2012, après avoir baissé de 2% en 2011. La baisse enregistrée l'an dernier est la plus importante depuis 1997. C'est par ailleurs la première fois que l'aide diminue deux années de suite.
Au total, les pays de l'OCDE ont déboursé 125,7 milliards de dollars (97 milliards d'euros), soit 0,29% du RNB – très loin de l'objectif international de 0,7%.
Les coupes les plus importantes ont été décidées par l'Espagne (-49,7%) et l'Italie (-34,7%), devant la Grèce (-17,0%) et le Portugal (-13,1%). Avec une baisse de 13,0%, la Belgique se situe plus près de ce groupe méridional que des pays nordiques.
En Suède (-3,4%), aux Pays-Bas (-6,6%), en France (-1,0%), en Allemagne (-0,7%), au Danemark (-1,8%), en Finlande (-0,4%) et au Royaume-Uni (-2,2%), les coupes sont nettement plus modérées. En Autriche (+6,1%) et au Luxembourg (+9,8%), l'aide a même été augmentée. Seuls cinq pays (Luxembourg, Suède, Norvège, Danemark et Pays-Bas) respectent l'objectif de 0,7%.
Les Belges en faveur de l'aide
Pourtant, explique Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11, "une écrasante majorité des citoyens trouve que la Belgique devrait maintenir ses engagements. Une écrasante majorité, 85%, estime qu'il faudrait même augmenter l'aide."
Pour Arnaud Zacharie, la Belgique doit revoir sa stratégie. "L'aide ne peut pas être efficace si elle ne s'inscrit pas dans le cadre de stratégies de développement à long terme, ce qui implique d'en garantir la prévisibilité et de ne pas en faire une variable d'ajustement des objectifs à court terme de consolidation budgétaire."
F.-X.G.
